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Le bouddhisme est, selon les points de vue, une philosophie, une spiritualité ou une religion apparue en Inde au Ve siècle av. J.-C. Elle compterait aujourd'hui entre 230 et 500 millions d'adeptes1. Le bouddhisme présente un ensemble ramifié de pratiques méditatives, de pratiques éthiques, de théories psychologiques, philosophiques, et même cosmologiques, abordées dans la perspective de la libération de l'insatisfaction ; du plein épanouissement du potentiel humain ; et ce en relation personnelle avec une intangible et ultime réalité spirituelle. modifier OriginesLe bouddhisme est né à peu près à la même époque que le jaïnisme, avec lequel il partage une certaine tendance à la remise en cause de l'hindouisme, tel que ce dernier était pratiqué à l'époque (VIe siècle av. J.-C.). Le bouddhisme a repris beaucoup de concepts philosophiques de l'environnement religieux de l'époque, en leur donnant toutefois un sens parfois différent.
Une réprésentation du Bouddha, Siddhārtha Gautama dit Shakyamuni
modifier Le Bouddha historiqueLe bouddhisme est issu des enseignements du Bouddha, (l'« éveillé »), un homme dont l’existence historique semble probable, même si les détails de sa vie restent, pour beaucoup, invérifiables, et souvent de portée mythologique. Les années de la naissance et de la mort de ce chef spirituel ne sont pas sûres; il aurait vécu au VIe siècle av. J.-C. à peu près quatre-vingts ans, mais les traditions ne s'accordent pas à ce sujet 2 . La plus ancienne le fait naître en 624 av. J.-C. et mourir en 544 av. J.-C. Les Thaïlandais font débuter le calendrier bouddhique en 543 av. J.-C., un an après sa mort. Né, selon la tradition, à Kapilavastu (Népal) de la reine Māyā, morte à sa naissance, et du roi Śuddhodana, il avait pour nom Gautama3. Il appartenait au clan Śākya (ou Shakya) de la caste des kshatriya (nobles-guerriers), d’où son surnom de Shākyamuni, « le sage des Śākya ». C'est le nom principal que la tradition du Mahāyāna lui donne - Bouddha Shākyamuni - et par lequel on le distingue des autres Bouddhas. Il est aussi appelé Siddhārtha Gautama (pāḷi : Siddhattha Gotama) car Siddhārtha est donné comme son prénom dans certaines sources4, La vie du Bouddha est riche en légendes décrivant des miracles et des apparitions divines. Mais c'est seulement 300 ans après sa mort qu'elle commence à être connue par des textes, en même temps que ses enseignements, grâce à l'empereur Ashoka qui en fait la promotion sur toute l'étendue de son domaine et envoie des missions à l'étranger. modifier L'éveil ou bodhiLe bouddhisme est une voie individuelle dont le but est l'éveil, par l'extinction du désir, de la haine et de l'illusion. modifier Définition de l'éveil dans le Bouddhisme theravâdaPour les theravādins, l'éveil est la compréhension parfaite et la réalisation des quatre nobles vérités (voir plus bas); il s'agit de se réveiller du cauchemar des renaissances successives (samsara). L'éveil permet à l'homme d'entrer dans le nirvāṇa (l'illumination), puis d'atteindre à sa mort le parinirvāna (l'illumination mais avec dissolution complète des agrégats par la disparition du corps). Le cycle des renaissances et des morts est donc brisé. modifier Définition de l'éveil dans le mahāyānaPour les adeptes du Mahāyāna en revanche, l'éveil est en rapport avec la sagesse et la prise de conscience de sa propre nature de Bouddha (la nature essentielle de tout être humain). Là où le bouddhisme theravāda insiste sur l'extinction complète et irréversible du saṃsāra, le mahāyāna laisse aux bodhisattvas (ceux qui sont éveillés) la possibilité de se maintenir dans le monde sans toutefois produire de karma, par compassion pour les êtres vivants, qu'ils vont alors guider à leur tour vers l'éveil. modifier Doctrinemodifier Le DharmaLe Dharma est l'ensemble des enseignements donnés par le Bouddha qui forment le Canon Pali. Mais la définition du terme peut changer en fonction du contexte et peut signifier « ce qui est établi », « la loi naturelle », « la loi juridique », « le devoir », « l'enseignement » voire « l'essence de toute chose ». modifier Les trois joyaux« Prendre les trois refuges », dans le bouddhisme, signifie prendre appui sur les forces conjointes du Bouddha, du Dharma (l'ensemble des enseignements) et de la Sangha (l'ensemble des pratiquants, voir plus bas), afin de s'assurer sa propre libération des tourments du samsāra. modifier Les quatre nobles véritésLes quatre nobles vérités indiquent ce qu'il est essentiel de savoir pour un bouddhiste. Elles énoncent le problème de l'existence, son diagnostic et le traitement jugé adéquat:
modifier Les trois caractéristiques de l'existence
Ces trois caractéristiques de l'existence conditionnée, qui se retrouvent également dans les quatre sceaux de la philosophie bouddhiste, sont universelles, valides en tous temps et en tous lieux, et pourraient être reconnues par une vision directe de la réalité. Le nirvāna, n'étant pas conditionné, échappe aux caractéristiques de souffrance et d'impermanence. modifier Les trois racines du mal, ou « trois poisons »Le bouddhisme considère qu'il existe trois poisons pour l'esprit : Certaines écoles en rajoutent deux, la jalousie et l'orgueil. Selon le Bouddha les causes de la souffrance humaine peuvent être trouvées dans l'incapacité à voir correctement la réalité. Cette ignorance, et les illusions qu'elle entraîne, conduisent à l'avidité, au désir de posséder davantage que les autres, à l'attachement et à la haine pour des personnes ou des choses. Sa philosophie est telle que : la souffrance naît du désir ou de l'envie. C'est en les supprimant tous deux qu'il serait parvenu au nirvāna. modifier Les renaissancesÀ cause des trois poisons et de l'interdépendance, les hommes sont assujettis au Saṃsāra (le cycle des renaissances). Le « monde » (Loka) dans lequel ils renaîtront après leur mort dépendra de leur karma, c'est-à-dire de leurs actions passées. Cette renaissance ne fait donc que prolonger indéfiniment la souffrance (« la fatigue de remplir les cimetières » dit l'Assu Sutta5 ). Conformément à la philosophie bouddhiste, ce n'est ni le même, ni un autre qui renaît. Ce n'est donc pas, comme dans le principe de la réincarnation, une âme immortelle qui se « réincarne ». En effet, la notion de réincarnation implique l’existence d’une âme immortelle qui entre et sort d’un corps et entre à nouveau dans un autre, mais, selon la croyance bouddhiste, il n’existe rien de tel. Ce qui subsisterait après la mort ne serait pas une « âme », mais une énergie psychique qui réapparaîtrait ensuite sous une autre forme lors de la renaissance (excepté pour celui qui a atteint le nirvāna)... Le Bouddha propose de se réveiller de ce cauchemar, de chasser la confusion et l'illusion pour être illuminé par la réalité. Ainsi, la souffrance et le cycle karmique seraient brisés. Il définit le but ultime de son enseignement comme étant « la délivrance », le « dénouement », « la libération de la souffrance » ou nirvāna. modifier Le noble sentier octupleLes huit membres du noble sentier octuple (ariyāṭṭaṅgika magga) sont :
Au lieu de "juste" on lit parfois "complet" ou "total". modifier Les 10 préceptesCes dix préceptes se retrouvent dans plusieurs textes canoniques (par exemple le Kutadana Sutta, dans le Digha-Nikaya)6. Les 10 préceptes sont :
Sous leur forme positive, ce sont :
(Dans cette formulation positive, les 6e et 7e préceptes « négatifs » sont regroupés en un seul). Les préceptes, parfois réduits au nombre de cinq, ne sont pas des règles absolues mais des guides de comportement éthique. L'application de certains d'entre eux varie selon les personnes mais aussi selon les traditions. modifier Les quatre incommensurablesLes quatre conduites ou sentiments pieux (brahmavihāras) sont aussi appelés les quatre incommensurables car ils pourraient être développés indéfiniment. Cultivés sans l'intention de mener tous les êtres à la libération ultime, ces quatre intentions conduisent à une renaissance dans le monde céleste de Brahmā ; développées avec le désir de mener tous les êtres à la libération ultime, les quatre conduites deviennent alors « incommensurables » et conduisent à « l'éveil parfait ». Il s'agit d'émotions positives qui pourraient être développées par des pratiques appropriées :
Ponlop Rinpoché illustrant le principe de vacuité
modifier La vacuitéDans le Theravāda, la vacuité (Shûnyatâ) signifie qu'aucune chose n'a d'existence propre7 (elles ne semblent exister que par interdépendance). Il existe une méditation vipassanā qui est la contemplation de cette vacuité. Mais le concept de vacuité, exposé par la littérature dite de la prajñāpāramitā, et Nāgārjuna, prend un autre sens avec le Madhyamaka. Le Madhyamaka reconnaît l'enseignement de l'interdépendance mais il considère cette roue de la vie elle-même comme vacuité. modifier Les trois corps (ou kāyas) de BouddhaLe Canon pāli désigne trois corps de Gautama Bouddha :
Le concept prend de l'importance dans l'école Sarvāstivādin. Mais il acquiert par la suite une signification fort différente.
modifier L'éthique bouddhiste et les préceptesDans le bouddhisme, l’éthique est basée sur le fait que les actions du corps, de la parole et de l’esprit ont des conséquences pour nous-mêmes et pour ce qui nous entoure, les autres comme notre environnement. Il y a deux sortes d’actions, les actions kusala (mot pali signifiant sain, habile, favorable, positif) et les actions akusala (malsain, malhabile, défavorable, négatif). L’éthique bouddhique propose donc à l'être humain de prendre conscience des états d’esprit dans lesquels il se trouve et à partir desquels il agit, parle, pense et à devenir ainsi responsable tant de ses états d’esprit que des conséquences de ses actions.
Sangha de Ajahn Chah
modifier Le Sangha: la communauté des adeptesLe Saṅgha est la communauté de ceux qui suivent l'enseignement du Bouddha. C'est un des trois lieux de refuge. On distingue le 'Noble Saṅgha' (sanskrit Arya Saṅgha) constitué des êtres ayant atteint un haut niveau de libération et le Saṅgha ordinaire, comportant tous les êtres suivant la voie du Bouddha. Le terme est communément utilisé pour désigner des réunions bouddhistes. modifier Les différentes écolesmodifier Bouddhisme theravâdaLe bouddhisme theravâda (en pāli « doctrine des Anciens », sanskrit sthaviravāda) est la forme de bouddhisme dominante en Asie du Sud et du Sud-Est (Sri Lanka, Thaïlande, Cambodge, Myanmar, Laos, parties du Vietnam), parmi les Chinois d’Indonésie et de Malaisie ainsi que chez certaines ethnies du sud-ouest de la Chine. Son implantation en Occident est plus récente que celle des courants zen ou vajrayâna. Comme son nom l’indique, il se veut l’héritier de la doctrine originelle du Bouddha. À cet égard, il est apparenté aux courants définis comme hinayâna par le bouddhisme mahâyâna apparu au début de l’ère chrétienne. Hinayâna et theravâda sont des termes souvent employés l’un pour l’autre, malgré les objections de nombreux pratiquants du theravâda. La « doctrine des Anciens » s'appuie sur un canon rédigé en pāli nommé Triple corbeille ou Tipitaka, comprenant de nombreux textes basés sur les paroles du Bouddha, recueillies par ses contemporains mais retranscrites bien plus tard. modifier Bouddhisme mahāyānaMahāyāna est un terme sanscrit ( महायान ) signifiant « grand véhicule ». Le bouddhisme mahāyāna apparaît vers le début de l’ère chrétienne dans l'Empire kouchan et dans le Nord de l’Inde, d’où il se répand rapidement au Tarim et en Chine, avant de se diffuser dans le reste de l’Extrême-Orient. Le Zen est une école dérivée du mahāyāna. modifier Bouddhisme vajrayānaLe vajrayāna est une forme de bouddhisme, nommée aussi bouddhisme tantrique, dont la compréhension nécessite la maîtrise du mahāyāna et du hīnayāna. Il contient des éléments qui l'apparentent à l'hindouisme et particulièrement au shivaïsme cachemirien. Au Tibet, le vajrayāna et le bön, religion locale, se sont influencés réciproquement. Son nom sanskrit signifie « véhicule », yāna, de vajra, c'est-à-dire de « diamant » (indestructible et brillant comme l'ultime réalité), et de « foudre » (destructrice de l’ignorance et rapidité fulgurante). On appelle aussi ce véhicule mantrayāna et tantrayāna, puisqu’il fait appel aux mantras et tantras; on trouve aussi le nom guhyayāna « véhicule secret », donc ésotérique (en chinois mìzōng 密宗 et en japonais mikkyo). Il est surtout pratiqué de nos jours dans la région himalayenne (Tibet, Népal, Sikkim, Bhoutan, aux confins ouest et au nord de la Chine et au nord de l’Inde). C'est la forme de bouddhisme qui caractérise le plus le bouddhisme tibétain. On le trouve aussi en Mongolie et dans quelques régions de la Fédération de Russie (Oblasts d’Amour et de Tchita, Républiques de Touva, de Bouriatie et de Kalmoukie, Krai de Khabarovsk), ainsi qu'au Japon (Shingon et Tendai, voir Bouddhisme au Japon). Il serait la forme de Bouddhisme le plus souvent choisie par les non-Asiatiques, devant le Zen. Bien que différent d'origine, le Bonpo tibétain est presqu'à tous égards un vajrayāna non-bouddhiste. modifier Bouddhisme tibétainOn désigne par bouddhisme tibétain le bouddhisme qui s'est développé au Tibet. Il y a quatre écoles principales : Nyingmapa, Kagyüpa, Sakyapa, Gelugpa. Cette dernière étant la plus connue du fait que le Dalaï Lama en est un membre éminent. modifier Écoles du Bouddhisme ancienLe bouddhisme ancien, connu sous le nom de bouddhisme hīnayāna ("petit véhicule"), regroupe plusieurs écoles, dont seule une a survécu jusqu'à nos jours. Si plusieurs classifications sont débattues, bouddhistes et chercheurs s'accordent grosso modo à reconnaître dans le bouddhisme dix-huit écoles anciennes. modifier Le bouddhisme en FranceLe bouddhisme s'est développé en France à la suite de la venue de maîtres de diverses traditions qui ont fondé de nombreux centres comme Taisen Deshimaru pour le Zen et Kalou Rinpoché et Guendune Rinpoché pour le bouddhisme tibétain. Des cinéastes français comme Arnaud Desjardins ont également contribué à faire connaître les enseignements du bouddhisme en France. Plusieurs organisations bouddhistes sont reconnues comme congrégations religieuses et un consistoire par le Bureau Central des Cultes qui dépend du Ministère de l'Intérieur, selon la loi du 9 décembre 1905 relative à la séparation des Églises et de l'État. Et un consistoire reconnu :Consistoire Soka du Bouddhisme de Nichiren8 Toujours d'après l'Union bouddhiste de France, il y aurait environ 800 000 bouddhistes en France dont les 3/4 seraient d'origine asiatique. (Chiffre de 1986). En 1999, le sociologue Frédéric Lenoir a estimé à 5 millions « les sympathisants » bouddhistes 9. modifier Notes et références
modifier Annexesmodifier Bibliographie
modifier Au cinéma
modifier Voir aussi
modifier Liens externes
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