La façade de l'Opéra Garnier sous le soleil d'hiver
L'Opéra national de Paris est un établissement public industriel et commercial français placé sous la tutelle du ministère de la Culture. Il a pour mission de rendre accessible au plus grand nombre les œuvres du patrimoine lyrique et chorégraphique et de favoriser aussi la création et la représentation d'œuvres comtemporaines. Il dispose à ce titre de deux salles : le palais Garnier (qui abrite le Ballet de l'Opéra national de Paris) et l'Opéra Bastille.
L'Opéra national de Paris contribue par ailleurs à la formation professionnelle et au perfectionnement des chanteurs et des danseurs, par son centre de formation d'art lyrique et par l'école de danse de Nanterre.
Enfin, le secteur animation et jeune public de l'opéra national de Paris élabore chaque saison un programme pédagogique.
modifier Histoire de l'Opéra national de Paris
L'Opéra de Paris en 1875. Gravure extraite de Charles Nuitter, Le nouvel Opéra (Paris 1875)
Connue d'abord sous le nom d'« Académie d'opéra », l'Académie royale de Musique est fondée en 1669 à l'instigation de Colbert et en réponse à l'Académie royale de Danse. Chargée de diffuser l'opéra français auprès du public, non seulement à Paris mais aussi dans d'autres villes du royaume, on prend l'habitude de l'appeler simplement « l'Opéra ».
N'ayant comme seules ressources financières que les entrées des spectateurs (et non, comme pour la Comédie-Française ou le Théâtre-Italien, une « subvention » royale), l'Opéra obtient le privilège de représenter des « pièces de théâtre en musique », avec interdiction à quiconque d'en faire de même sans avoir obtenu l'autorisation des détenteurs.
Les premiers à bénéficer du privilège sont Pierre Perrin et Robert Cambert, ainsi que deux associés qui ne tardent pas à escroquer Perrin. Emprisonné pour dettes, ce dernier est contraint de céder son privilège à Jean-Baptiste Lully en 1672, avec le succès que l'on sait. Lully et ses successeurs vont d'ailleurs négocier âprement la cession du privilège, pour tout ou partie, à des entrepreneurs de province : Pierre Gautier achète en 1684 l'autorisation d'ouvrir une académie de musique à Marseille, puis les villes de Lyon, Rouen, Lille et Bordeaux en font autant dans les années qui suivent.
L'Académie royale de Musique changera treize fois de lieux de représentations au cours du XVIIIe siècle, jusqu'à sa transformation, à la Révolution, en « Théâtre des Arts », qu'on appelle aujourd'hui l'Opéra national de Paris. L'Opéra de Paris fut souvent endetté. En 1875, l'institution occupe le Palais Garnier puis en 1990 l'Opéra-Bastille.
modifier Lettres patentes du 28 juin 1669
Le 28 juin 1669, le roi accorde à Perrin, par lettre patente, l'exclusivité de donner des opéras à Paris et dans tout le royaume. En voici le texte.
Texte des Lettres patentes
- « Louis, par la grace de Dieu, Roy de France & de Navarre, à tous ceux qui ces présentes Lettres verront. Salut. Notre amé & féal Pierre Perrin, Conseiller en nos Conseils, & Introducteur des Ambassadeurs près la Personne de feu notre très-cher & bien amé Oncle le duc d'Orléans, Nous a très-humblement fait remontrer, que depuis quelques années les Italiens ont établi diverses Académies, dans lesquelles il se fait des Représentations en Musique, qu'on nomme Opera : Que ces Académies étant composées des plus excellens Musiciens du Pape, & autres Princes, même de personnes d'honnêtes familles, nobles, & Gentilshommes de naissance, très-sçavans é expérimentés en l'Art de la Musique qui y vont chanter, font à présent les plus beaux Spectacles & les plus agréables divertissemens, non-seulement des Villes de Romes, Venise & autres Cours d'Italie, mais encore ceux des Villes & Cours d'Allemagne & d'Angleterre, où lesdites Académies ont été pareillement établies à l'imitation des Italiens ; que ceux qui font les frais nécessaires pour lesdites Représentations, se remboursent de leurs avances sur ce qui se reprende du Public à la porte des lieux où elles se font ; & enfin que s'il nous plaisoit de lui accorder la permission d'établir dans notre Royaume de pareilles Académies pour y faire chanter en public de pareils Opera, ou Représentations en Musique & langue Françoise, il espere que non-seulement ces choses contribueroient à notre divertissement & à celui du Public, mais encore que nos sujets s'accoutumant au goût de la Musique se porteroient insensiblement à se perfectionner en cet Art, l'un des plus nobles des Arts libéraux. A ces causes, desirant contribuer à l'avancement des Arts dans notre Royaume, & traiter favorablement ledit Exposant, tant en considération des services qu'il a rendu à feu notre très-cher & bien-amé Oncle, que de ceux qu'il nous rend depuis quelques années en la composition des paroles de Musique qui se chantent, tant en notre Chapelle qu'en notre Chambre ; Nous avons, audit Perrin, accordé & octroyé, accordons & octroyons par ces Présentes, signées de notre main, la permission d'établir en notre bonne ville de Paris & autres de notre Royaume, une Académie, composée de tel nombre & qualité de personnes qu'il avisera, pour y représenter & chanter en Public des Opera & Représentations en Musique & en vers François, pareilles & semblables à celles d'Italie : & pour dédommager l'Exposant des grands frais qu'il conviendra faire pour lesdistes Représentations, tant pour les Théâtres, Machines, Décorations, Habits qu'autres choses nécessaires, Nous lui permettons de prendre du Public telles sommes qu'il avisera, & à cette fin d'établir des Gardes & autres gens nécessaires à la porte des lieux où se feront lesdistes Représentations : Faisant très-expresses inhibitions & défenses à toutes personnes, de quelque qualité & conditions qu'elles soient, même aux Officiers de notre Maison, d'y entrer sans payer & de faire chanter de pareils Opera, ou Représentations en Musique & en vers François dans toute l'étendue de notre Royaume, pendant douze années, sans le consentement & permission dudit Exposant, à peine de dix mille livres d'amende, confiscation des Théâtres, Machines & Habits, applicable un tiers à Nous, un tiers à l'Hôpital Général, & l'autre tiers audit Exposant. Et attendu que lesdits Opera & Représentations sont des Ouvrages de Musique tous différens des Comédies recitées, & que nous les érigeons par cesdites Présentes, sur le pied de celles des Académies d'Italie, où les Gentilshommes chantent sans déroger : Voulons & Nous plaît, que tous les Gentilshommes, Damoiselles, & autres personnes puissent chanter audit Opera, sans que pour ce ils dérogent au titre de Noblesse, ni à leurs Priviléges, Charges, Droits & Immunités, révoquant par ces Présentes toutes Permissions & Priviléges que Nous pourrions avoir ci-devant donnés & accordés, tant pour raison dudit Opera que pour réciter des Comédies en Musique, sous quelque nom, qualité, condition & prétexte que ce puisse être. Si Donnons en Mandement à nos amés & féaux Conseillers les Gens tenans notre Cour de Parlement à Paris, & autres nos Justiciers & Officiers qu'il appartiendra, que ces Présentes ils ayent à faire lire, publier & enregistrer ; & du contenu en icelles, faire jouir & user ledit Exposant pleinement & paisiblement, cessant & faisant cesser tous troubles & empêchemens au contraire : Car tel est notre plaisir. Donné à Saint Germain-en-Laye, le vingt-huitiéme jour de Juin, l'an de grace mil six cens soixante-neuf, & de notre Regne le vingt-septiéme. Signé, LOUIS, & sur le replis, par le Roy, COLBERT ».
(Durey de Noinville, Histoire du théâtre de l'Académie royale de Musique en France, Paris, Duchesne, 1757, vol. I, pp. 77-81.
modifier Les quinze salles de l'Opéra de Paris
La tradition retient quinze salles distinctes utilisées par l'Opéra de Paris pour ses spectacles. Cette liste ne comprend que les salles ordinaires du théâtre, abstraction faite de celles qui ont pu être utilisées pour des représentations à l'extérieur.
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Nom de la salle |
Dates |
Emplacement |
Historique |
| 1 |
Salle d'Issy |
1659 |
Issy-les-Moulineaux |
Démolie. |
| 2 |
Salle de la Bouteille |
1671-1672 |
Rue Mazarine |
Démolie. |
| 3 |
Salle du Bel-Air |
1672-1673 |
Rue de Vaugirard |
Démolie. |
| 4 |
Première salle du Palais-Royal |
1673-1764 |
Palais-Royal |
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| 5 |
Salle des Tuileries |
1764-1770 |
Palais des Tuileries |
Construite en 1662 mais remaniée à plusieurs reprises. Démolie avec le palais en 1873. |
| 6 |
Deuxième salle du Palais-Royal |
1770-1781 |
Palais-Royal |
Détruite par un incendie en 1781 |
| 7 |
Salle des Menus-Plaisirs |
1781 |
Rue Bergère |
Démolie. |
| 8 |
Salle de la Porte-Saint-Martin |
1781-1794 |
Boulevard Saint-Martin |
Construite en 1781. Détruite par un incendie en 1871 (Commune de Paris) et reconstruite sur place. |
| 9 |
Salle de la rue de Richelieu |
1794-1820 |
Rue de Richelieu
(jusqu'en 1815, rue de la Loi).
Emplacement du square Louvois |
Construite en 1781. Détruite sur ordre des autorités. |
| 10 |
Salle de la rue Louvois |
1820 |
Rue Louvois |
Construite en 1791. Fermée en 1825, démolie en 1827. |
| 11 |
Salle Favart |
1820-1821 |
Place Boieldieu |
Construite en 1783. Détruite en 1839 par un incendie et reconstruite sur place. |
| 12 |
Salle Le Peletier |
1821-1873 |
Rue Le Peletier et rue Grange-Batelière
Emplacement approximatif de l'hôtel Drouot. |
Construite en 1820-1821. Détruite par un incendie dans la nuit 28/29 octobre 1873.
-
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| 13 |
Salle Ventadour |
1874-1875 |
Rue Méhul |
Construite de 1826 à 1829. Fermée en 1879 et transformée en banque. |
| 14 |
Opéra Garnier |
depuis 1875 |
Place de l'Opéra |
- 29 septembre 1860 : déclaration d'utilité publique ; 29 décembre 1860 : ouverture du concours d'architecture ; 29 mai 1861 : Charles Garnier, vainqueur du concours, parmi 171 projets ; 5 janvier 1875 : inauguration.
- Première représentation ouverte au public, le 8 janvier 1875 : La Juive d'Halévy.
- Créations : Henry VIII, Ascanio, Frédégonde, Les Barbares de Camille Saint-Saëns ; Thaïs de Jules Massenet ; Monna Vanna, L'Île désenchantée d'Henry Février ; Padmâvatî, Bacchus et Ariane de Roussel ; Saint François d'Assise de Messiaen ; Les deux pigeons d'André Messager ; Boléro de Ravel .
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| 15 |
Opéra Bastille |
depuis 1990 |
Place de la Bastille |
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modifier Les directeurs et les maîtres de ballet
- Pour une bibliographie plus complète, mais pas à jour, voir l'article « Paris » dans The New Grove Dictionary of Opera (1992), vol. III, p. 882-883.
modifier Ouvrages généraux
- Philippe Agid, Jean-Claude Tarondeau, L'Opéra de Paris : gouverner une grande institution culturelle, Paris, Vuibert, 2006, 320 p. (ISBN 2-7117-4395-0)
- Jean Gourret, Histoire des salles de l'Opéra de Paris, Trédaniel, Paris, 1985, 255 p. (ISBN 2-85707-180-9)
- Frédérique Jourdaa, À l'Opéra aujourd'hui : de Garnier à Bastille, Hachette Littérature, coll. « Vie quotidienne », Paris, 2004, 463 p. (ISBN 2-01-235597-8).
- Yves Ozanam, Recherches sur l'Académie royale de Musique (Opéra français) sous la seconde Restauration (1815-1830), 1981, résumé dans Position des thèses soutenues par les élèves de la promotion de 1981 de l'École nationale des chartes, p. 201-211.
modifier Répertoires, catalogues
- Archives nationales, Brigitte Labat-Poussin, Archives du Théâtre national de l'Opéra (AJ13 1-1466) : inventaire, Archives nationales, 1977, XXIX-613 p. (ISBN 2-86000-016-X) ;
- Jean Gourret (dir.), Dictionnaire des cantatrices de l'Opéra de Paris, Albatros, Paris, 1987, 319 p.
- Jean Gourret, Nouveau Dictionnaire des chanteurs de l'Opéra de Paris, Albatros, Paris, 1989, 402 p.
- (en) Spire Pitou, The Paris Opéra : an Encyclopedia of Operas, Ballets, Composers and Performers, Greenwood, New York, 3 parties en 4 vol.
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