|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Le plutonium est un métal lourd très dense — approximativement 1,74 fois plus lourd que le plomb — radioactif et toxique, de numéro atomique 94, découvert aux États-Unis par Glenn T. Seaborg, Edwin M. McMillan, J. W. Kennedy et A. C. Wahl en 1940. De même que l'uranium 235, c'est une matière fissible, qui est utilisée pour son isotope 239 dans la fabrication d'armes nucléaires et la production d'énergie dans certaines centrales nucléaires. Il sert également à l'élaboration de générateurs thermoélectriques à radioisotope.
modifier OrigineLe plutonium est un élément chimique artificiel presque exclusivement produit de 1940 à nos jours. C'est le deuxième des transuraniens a avoir été découvert. L'isotope 238Pu fut produit en 1940 en bombardant une cible d'uranium par du deutérium au cyclotron de Berkeley.1 Durant le Projet Manhattan, le plutonium 239 avait le nom de code 49, le '4' étant le dernier chiffre de 94 (le numéro atomique) et le '9', le dernier chiffre de 239 (l'isotope utilisé pour la bombe, Pu-239)2. Il est produit dans le cœur des réacteurs nucléaires par la transformation, sous l'effet du flux de neutrons, d'une partie de l'uranium qui compose le combustible nucléaire. En première approximation, un réacteur produit typiquement 0.8 atome de Pu239 pour chaque fission de U235, soit un gramme de plutonium par jour et par MW de puissance thermique (les réacteurs à eau légère produisant moins que les graphite-gaz). Ainsi, en France, les réacteurs nucléaires produisent chaque année environ 11 tonnes de plutonium3. Le plutonium est normalement absent de la biosphère, mais il a existé (et existe encore en quantités infimes) dans des structures géologiques particulières où de l'uranium a été naturellement concentré par des processus géologiques ou géobiologiques (bioconcentration en filons par des bactéries) il y a environ 2 milliards d'années, pour atteindre une criticité suffisante pour engendrer une réaction nucléaire naturelle. C'est le cas sur le site d'Oklo. On en trouve également des traces dans les minerais d'uranium naturel (de même que du neptunium), où il résulte de l'irradiation de l'uranium par les neutrons présents. modifier DescriptionLe plutonium est un métal gris, relativement mou, très lourd (densité : 19,84), solide à température ambiante mais à point de fusion relativement bas (640°C). Il est synthétisé lors des explosions nucléaires (en 1952, l'explosion de la bombe thermonucléaire américaine la plus puissante a ainsi produit deux radioéléments alors encore inconnus ; le plutonium 244 (244Pu) et le plutonium-246 (246Pu). Par exemple, l’isotope 239 est formé en trois étapes :
Les isotopes les plus lourds du plutonium sont majoritairement formés par capture neutronique du plutonium 239. Le plutonium est un métal argenté très radioactif (selon la composition isotopique, les isotopes 238 et 241 étant de très loin les plus radioactifs : voir tableau ci-contre), et très radiotoxique (un milligramme de plutonium peut suffire à induire un cancer). Il réagit avec l'oxygène, la vapeur d'eau et les acides. Il ne réagit pas avec les bases. Sa période de demi-vie est de 24 000 ans pour l'isotope 239. Il y a 15 isotopes connus. Les isotopes les plus produits en réacteurs sont les isotopes 238, 239, 240, 241, 242. Tous sont radioactifs. Les isotopes de numéro atomique impair (239 et 241) sont fissiles en spectre thermique (réacteurs actuellement en production). modifier Statut juridiqueLe plutonium répond aux définitions admises de « polluant ». Lorsqu'il est produit dans les réacteurs civils ; est considéré comme déchet par certains pays et comme matière valorisable par d'autres (dont la France). Le plutonium est aussi produit à des fins militaires dans des installations dédiées ou dans des réacteurs électrogènes selon les pays. Il est alors utilisé pour fabriquer des armes nucléaires. Il faut environ 5 kg de plutonium pour obtenir une bombe nucléaire. En tant qu'élément utile à la fabrication d'arme de destruction massive, il est suivi par divers textes et conventions internationales. modifier Plutonium 239 et isotopes supérieursProduction L'irradiation de l'uranium 238 dans les réacteurs nucléaires génère du plutonium 239 par capture de neutron. Dans un premier temps, un atome d'U-238 capture un neutron et se transforme transitoirement en U-239. Cette réaction de capture est plus facile avec des neutrons rapides qu'avec des neutrons thermiques, mais est présente dans les deux cas.
Le rythme de production d'un isotope dépend de la disponibilité de son précurseur, qui doit avoir eu le temps de s'accumuler. Ainsi, quand on utilise un réacteur spécifique pour la fabrication du « plutonium militaire », le combustible utilisé pour la production du plutonium aussi bien que les cibles et la couverture s'il y en a, sont extraits après un bref séjour (quelques semaines) dans le réacteur afin d'avoir l'assurance que le plutonium 239 est aussi pur que possible. modifier RetraitementUne fois le combustible, les cibles et la couverture enlevés du réacteur dans lequel ils ont été irradiés, ils subissent un traitement chimique, qui s'appelle le retraitement des combustibles irradiés, dans une usine ou un atelier pour séparer le plutonium. Les deux plus grandes installations mondiales recyclant le plutonium sont basées à La Hague et à Sellafield4. modifier Plutonium 238Dans les centrales nucléaires, du plutonium 238 est formé parallèlement au plutonium 239, par la chaîne de transformation commençant par l'uranium 235 fissible.
Le plutonium 238, d'une demi-vie de 86,41 ans, est un émetteur très puissant de rayonnement α. En raison de son activité massique alpha et gamma élevée, il est utilisé comme source de neutrons (par "réaction alpha" avec des éléments légers), comme source de chaleur et comme source d'énergie électrique (par la conversion de la chaleur en électricité). Les utilisations du Pu-238 pour produire de l'électricité sont cantonnées aux stimulateurs cardiaques et aux utilisations spatiales. On prépare le plutonium 238 à partir de l'irradiation neutronique du neptunium 237, un actinide mineur récupéré pendant le retraitement ou à partir de l'irradiation de l'américium, en réacteur. Dans les deux cas, pour extraire le plutonium 238 des cibles, on les soumet à un traitement chimique, comportant une dissolution nitrique. Il n'y a qu'environ 700 g/t de neptunium 237 dans le combustible des réacteurs à eau ordinaire irradié pendant 3 ans, et il faut l'extraire sélectivement. modifier Dioxyde de plutoniumLe dioxyde de plutonium (PuO2) est pour les radiochimistes la forme idéale pour manipuler le dangereux élément. Découvert en 1940 par les chimistes américains partis sur le chemin de la bombe atomique, on le retrouve pour le recyclage des combustibles nucléaires, la confection des ogives ou le stockage des déchets radioactifs. Il s'agit d'une poudre de cristaux jaunes-verts. Il a longtemps été considéré comme inoxydable. Longtemps le trioxyde de plutonium (PuO3) a été recherché mais personne n'a jamais réussi à en fabriquer. Cependant en 2000, le laboratoire de Los Alamos (Nouveau-Mexique) a montré que PuO2 peut en fait réagir simplement avec l'eau, à une température allant de 25 à 350°C, pour former un composé stable plus oxydé : la proportion entre l'oxygène et le plutonium peut aller jusqu'à 2,27. De plus, cette réaction dégage du dihydrogène, un gaz inflammable. Ceci est problématique, car l'eau serait le principal vecteur potentiel de dissémination radioactive lors du stockage des déchets en profondeur. Une fraction du nouvel oxyde formé pourrait se dissoudre dans l'eau et se disséminer lentement aux alentours. En France, le dioxyde de plutonium est stocké en surface, dans des boites étanches, pour être ensuite réutilisé dans des centrales ordinaires, en entrant dans la composition du combustible MOX (MiXed Oxyde). modifier Précautionsmodifier Contrôle des matières nucléairesLe plutonium est une matière nucléaire dont la détention est réglementée (Article R1333-1 du code de la défense). modifier RadioprotectionCe métal est normalement absent dans la nature à la surface du globe, mais il a été produit et diffusé en quantité significative et encore mesurable dans l'atmosphère et la biosphère, essentiellement dans les années 1945 à 1970 par les essais et tirs nucléaires (et marginalement avec aussi des retombées plus locales ou régionales lors de la catastrophe de Tchernobyl). Tous les isotopes et composés du plutonium sont toxiques et radioactifs. Ce qui le rend dangereux est d'une part sa forte activité spécifique, et d'autre part l'énergie de ses émissions alpha (de l'ordre de 5 MeV, à comparer au 0,02 MeV du tritium). Le plutonium est d'autant plus dangereux que sa période radioactive est courte: le Pu239 est comparativement quatre fois moins radioactif que le Pu240. Le radio isotope le plus dangereux est le Pu241, qui est extrêmement radioactif (mille fois plus que les précédents), est un émetteur béta-moins (donc plus pénétrant que les particules alpha), et présente dans sa chaîne radioactive des émetteurs gamma dur particulièrement dangereux, l'americium-241. Paradoxalement, c'est donc le plutonium dit "de qualité militaire", formé essentiellement de Pu239, qui est le moins dangereux en termes de radiotoxicité: il est relativement stable, et peut être manipulé avec des gants épais.5
Pour ces raisons, les installations industrielles qui opèrent sur du plutonium (typiquement, les usines de retraitement) sont des installations très lourdes en termes de radioprotection. Là où une simple boîte à gants suffit pour traiter l'uranium naturel ou enrichi en amont du cycle, le traitement du plutonium nécessite des barrières de protection épaisses (murs en béton boré, hublots épais,...), même quand il n'est pas associé à des produits de fission (comme c'est le cas en début de traitement). modifier ToxicocinétiqueLe plutonium a parfois été décrit comme la « substance la plus toxique connue par l'homme ». C'est un émetteur de rayonnement alpha, type de rayonnement facilement arrêté par les parois fines, y compris par la peau. Cependant, s'il est inhalé ou ingéré, il irradie directement les cellules des organes qui sont en contact avec lui (ou qu'il a pénétré). Il peut alors affecter leur noyau et l'ADN et provoquer des cancers. Son activité interne est d'autant plus dangereuse qu'une part importante du plutonium absorbé par l'organisme s’y fixe durablement ; sa demi-vie biologique est estimée être de 200 ans6. À cause de ses caractéristiques et nombreux isotopes, il faudrait distinguer la toxicité de court, moyen et long terme, et les cas d'exposition externe et interne. En cas d'ingestion par un individu sain, seul environ 0,05% est absorbé par le tube digestif. On estime que chez l'Homme, 10% du plutonium qui a franchi la barrière intestinale ou pulmonaire quitte le corps (via l'urine, et les excréments). Le reste après passage dans le sang se fixe pour moitié dans le foie et pour moitié dans le squelette, où il demeure très longtemps et pour partie à vie (Le DOE américain estime que la demi-vie dans l'organe est respectivement de 20 et 50 ans pour le foie et l'os, selon des modèles simplifiés ne tenant pas compte de redistributions intermédiaires (en cas de fracture et/ou de ménopause (cf. décalcification) et lors du recyclage normal de l'os, etc). Le DOE précise que le taux accumulé dans le foie et le squelette dépend aussi de l'âge de l'individu (l'absorption dans le foie augmente avec l'âge), et qu'en fait, le plutonium se fixe d'abord sur la surface corticale et trabéculaire des os avant d'être lentement redistribué dans tout le volume minéral osseux. modifier Voir aussimodifier Liens externes
modifier Références
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| All Right Reserved © 2007, Designed by Stylish Blog. |