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La psychologie analytique ou psychologie des profondeurs (« Tiefenpsychologie » dans les textes de l'auteur) est une théorie élaborée par le psychiatre Carl Gustav Jung. Cette théorie se propose de donner du sens à ce qu'elle nomme l'âme (système ou appareil psychique) et propose une forme de développement de soi menant à la découverte de cette âme. L'approche de Jung diffère de celle de Freud, dont pourtant il devait être le dauphin et le successeur légitime, en cela qu'elle postule que l'inconscient a une réalité avant tout culturelle et non pas seulement sexuelle (libido). Par ailleurs Jung s'intéresse aux phénomènes paranormaux qui sont ignorés par ses pairs. Les termes pour la nommer sont : psychologie jungienne, psychanalyse jungienne, psychologie analytique. Certains ouvrages pour désigner cette psychologie parlent d'une « psychologie des complexes » (car elle s'y intéresse). modifier Enracinement historique et épistémologiqueHistoriquement la psychologie analytique s’enracine à la fois dans les sciences de l’homme et de manière plus singulière dans la psychanalyse. C’est sous l’impulsion d’un homme, le psychiatre C.G.Jung, que celle-ci, historiquement, se définira pour être ce qu'elle est aujourd'hui. Jung est très tôt attiré par la psychanalyse de Freud, alors naissante. Cependant il s'en écarte progressivement, du fait des découvertes qu'il réalise et des constatations qu'il en tire. La notion d'archétype notamment constitue la première divergence d'avec le freudisme. Jung considère son approche comme une psychologie objective en ce sens qu'elle observe les phénomènes psychiques comme en-soi et non comme des reproductions nées de l'interprétation. Par exemple le complexe est pour Jung une réalité naturelle, biologique même dans une certaine acceptation, une production normale de l'esprit, et non pas qu'une conséquence de la dynamique psychique. Pour Jung des forces naturelles façonnent la réalité psychique et l'équilibre entre conscient et inconscient guide toute dynamique psychique. modifier Origine dans les sciences de l’hommeParmi les différentes disciplines des sciences de l’homme ou sciences humaines, interrogeant la nature de l’homme et le sens de la vie, une des disciplines s’intéressant a la vie de l’homme se nomme la psychologie. Cette discipline relativement récente, du point de vue de l’histoire de l’humanité vient par son étymologie du grec psukhê, âme, et logos, science. Pour ainsi dire elle est en premier lieu, l'étude scientifique des faits psychiques, la connaissance empirique ou intuitive des sentiments, des idées, des comportements d'autrui et des siens propres, l'ensemble des manières de penser, de sentir, d'agir qui caractérisent une personne, un animal, un groupe, un personnage. Avec le temps, la psychologie s’est divisée en de nombreuses branches d’étude, ses disciplines abordent le domaine aussi bien au plan théorique que pratique, avec des applications thérapeutiques, sociales, et parfois politiques ou théologiques. Aujourd’hui, la psychologie a pour objectif l'investigation du psychisme comme fondement d'une structure subjective et d'un fonctionnement spécifique (processus et mécanisme) articulé à la perception et représentation du monde extérieur. La psychologie analytique dont nous parlons, de manière centrale dans cet article, est issue d’une de ces différentes branches ayant essayé d’aborder le psychisme de manière particulière. Cette manière « particulière » se nomme la psychanalyse. Il s’agit là d’une discipline fondée par Sigmund Freud qui propose un modèle théorique du psychisme impliquant l'inconscient, ainsi qu'une méthode d'investigation de ce dernier. modifier Origine dans la psychanalyseLa psychanalyse regroupe trois axes de réflexions et d'études :
La psychologie analytique finira par s’émanciper de cette dernière (la psychanalyse) , sous l’impulsion de Carl Gustav Jung, pour revenir à son objet d’étude : l’homme et l’âme. La psychologie analytique proposera deux ruptures majeures vis-à-vis de la psychanalyse. En effet, d’une part la psychologie analytique envisage l’existence d’un inconscient « double » car dans le cadre de cette psychologie l’inconscient est autant individuel que collectif mais aussi que la libido, en particulier le désir de la mère dans la vison freudienne n’est pas incestuel (cf. Complexe d'Œdipe pour les hommes ou le complexe d'Électre pour les femmes) mais « juste » un désir de retour à la mère. Pour le dire différemment, ce qui retient (le cas majoritaire de la névrose légère et simple) une personne de penser pour elle-même (en dehors d’une idéologie, des textes etc.), d’agir par elle-même (en dehors de l’avis et du jugement de quelqu’un d’autre), ressentir librement (sans se soucier de ce que l’on va bien penser de lui puis de ses ressentis), sans angoisses ou sans peurs, ce n’est pas son désir pour la mère mais un attachement à revivre ce qu’il a vécu dans le passé. Dans une perspective psycho-analytique, les trop pleins intérieurs, les attachements importants, les envahissements intérieurs, les douleurs n’étant que le plus souvent une forme déguisée de « désir de retrouver une bonne maman » et non pas un désir incestuel. La nuance peut paraître subtile au premier regard pour le non initié, tant il est vrai que désirer ce premier être pour lequel tout individu a éprouvé, en première instance de l’amour, même dans le cas où l’histoire d’amour avec la mère a mal tournée par la suite. Mais envisager qu’il y a là : désir incestuel ou désir de retour n’est quand même pas la même chose. D’autant que dans la situation analytique, ce désir va s’exprimer. En effet si un patient consulte, la « réaction » du psychanalyste ne peut être la même face à un désir d’inceste qui se révèle ou face à un désir de retour à « maman ». Quoiqu’il en soit, en fin de cure, et bien que la puissance de ce désir soit forte, l’individu devra finalement, bien qu’enraciné sur le féminin et « sa mère », aller de l’avant. On ne grandit que par le haut, la rupture, et l’engagement à vivre pleinement. Les replis dans la névrose, le narcissisme, ou l’intérieur féminin étant en général un échec pour l’individu car il est ou reste étouffé par le féminin. modifier Origine dans la volonté d’un homme, Carl Gustav Jung.Les avertissements de Carl Gustav Jung concernant l’approche théorique sont nombreux. « Apprenez vos théories aussi bien que vous le pouvez, puis mettez-les de côté quand vous entrez en contact avec le vivant miracle de l'âme humaine.» Car pour lui « L'Homme mérite qu'il se soucie de lui-même car il porte dans son âme les germes de son devenir.» , et c'est pourquoi la psychologie analytique nous invite aussi à une " découverte de notre âme". Il nous apprends encore que « (q)uiconque voulant faire connaissance avec la psyché humaine n’apprendra rien de la psychologie expérimentale. Il serait plus avisé d’abandonner les sciences exactes, ranger sa toge d’universitaire, dire au revoir à ses études et se promener au hasard de par le monde avec son cœur d’humain. Là, dans les horreurs des prisons, les asiles de fous et les hôpitaux, dans les sombres pubs des banlieues, les bordels et maisons de jeu, les salons des élégants, les lieux d’échange boursier, les réunions socialistes, les églises, les rassemblements de renaissance et les sectes extatiques, a travers l’amour et la haine, à travers l’expérience de la passion dans toutes ses formes et dans son propre corps, il récolterait de plus riches réserves de connaissance que pourrait lui donner des livres de 1 pied d’épaisseur, et il saura comment traiter les malades avec une vraie connaissance de l’âme humaine » modifier Du cœur de la théorie de la psychologie analytique à la théorie du cœurLa psychologie analytique a permis de décrire et de mettre à jour des invariants de l'âme. En donnant du sens à l'âme, en décrivant par exemple certains aspects de celle-ci (comme les archétypes), l'homme ou/et la femme pourraient, en se mettant en dialogue avec eux-même, entrer dans un processus d'individuation (ils deviennent plus eux même, plus matures). Cela peut se faire par exemple au travers d'une discussion avec soi-même sur ses rêves, mais cela ne constitue pas la seule voie. Lors de ce processus l'homme et la femme matures rencontrent des résistances, ils peuvent quand ils en éprouvent le besoin demander l'aide d’un(e) psychologue junguien. Chaque concept de la psychologie jungienne, donne du sens à un aspect du système psychique. Mis en relation les un avec les autres, ils donnent a voir le sens qu'ont essayé de donner, les psychologues analytiques (psychologues jungiens), sur "qu'est ce que le système psychique ?". Cependant les prendre séparément n'aurait pas grands sens mais en plus ne permettrait pas vraiment de comprendre. D'ailleurs la simple lecture de ce qu'est le psychisme chez Carl Gustav Jung n'apporte rien a l'individu si ce n'est une certaine sensibilisation à soi même. Ce qui est intéressant, du point de vue jungien c'est de se découvrir soi même, pour de vrai. Le paradoxe est que ce n'est qu'une fois que l'on se connaît un peu, que l'on peut commencer à comprendre, un peu, ce que la psychologie jungienne explique, dont les différents concepts découverts. "La complexité de la psychanalyse jungienne tient au fait que toutes les instances psychiques sont en étroites relations les unes avec les autres. Décrire isolément un concept donne de lui une vision forcément partielle car ne tenant compte ni des rapports dynamiques avec les autres instances ni de l'ensemble du système psychique. Tout est lié, tout est en mouvement." in La psychanalyse jungienne, Collection Essentialis, ED. Bernet-Danilot, Avril 2002 La difficulté de la compréhension du psychisme dans la théorie jungienne réside dans le fait qu'il faut s'ouvrir a soi pour de vrai, c'est a dire "à se penser", "à se ressentir" et à "se questionner sur soi". Comme "Jung ne cesse de le dire : la rencontre de la psyché est une expérience, elle passe à la fois par le mental et par le cœur, par l'intellect et par l'émotionnel. Cela demande une lecture circulaire , à l'image de la spirale : la compréhension intellectuelle s'enrichit de la résonance émotionnelle, confrontation intérieure qui , à son tour, mène a l'approfondissement de la compréhension" in La psychanalyse jungienne, Collection Essentialis, ED. Bernet-Danilot, avril 2002 En cela le cœur de la théorie jungienne est la théorie jungienne du cœur. modifier Le système psychique ou l'âmeLes termes de système psychique, de psyché ou d'âme sont équivalents dans le cadre de la psychologie jungienne. Les textes de la psychologie analytique permettent une "découverte de l’âme" c'est-à-dire qu'ils ont permis une production d'une approche générale, d'une approche théorique, de la vie intérieure de l'être. Cependant Carl Gustav Jung nous dit :
modifier Les personnages et catégories archétypalesLa rencontre (lors de la clinique, lors d'un travail sur soi, ou de la compréhension de ses rêves, lors ses relations intra-personnelles) avec un ou des archétypes est un bouleversement pour celui qui les rencontre. « L'expérience archétypique est une expérience intense et bouleversante. Il nous est facile de parler aussi tranquillement des archétypes, mais se trouver réellement confronté à eux est une tout autre affaire. La différence est la même qu'entre le fait de parler d'un lion et celui de devoir l'affronter. Affronter un lion constitue une expérience intense et effrayante, qui peut marquer durablement la personnalité. » in " Carl Gustav Jung "Sur l’Interprétation des rêves ", Albin Michel, 1998 p 120. Dans l'esprit de beaucoup de gens il y a eu souvent confusion sur ce qu'était un archétype. « On croit souvent que le terme "archétype" désigne des images ou des motifs mythologiques définis. Mais ceux-ci ne sont rien d'autre que des représentations conscientes : il serait absurde de supposer que des représentations aussi variables puissent être transmises en héritage. L'archétype réside dans la tendance à nous représenter de tels motifs, représentation qui peut varier considérablement dans les détails, sans perdre son schème fondamental. » in Carl Gustav Jung " L'homme et ses symboles ", Robert Laffont, 1964 p 67. Ces personnages archetypiques présents par exemple dans les rêve, peuvent être classés en divers catégories :
modifier Chez les hommesLes figures féminines de la catégorie Anima se révèlent en général aux hommes. C’est pourquoi on la nomme la part féminine de l’homme. Dans le cadre de la clinique, ou simplement en suivant ses rêves, jour après jour, sur une longue période, et en prenant conscience de cette part féminine, ces personnages qu’il a en lui, le masculin réel de l’homme se met a se développer. Ce processus se nomme l’individuation. L’aboutissement de cette réalisation se fait en général, par la rencontre avec la figure de la femme sage vers la fin du processus. Les personnages masculins (bien que relevant en général de la psyché féminine) apparaissant parfois dans l’homme au cours de ce processus. Constituant l'anima, la part féminine, de l'homme on peut trouver :
Chaque niveau correspond à un niveau de maturité psycho-affective. "L'anima du quatriéme niveau, stade le plus élevé, correspond à une sagesse transcendante sous l'image d'athena, la sophia de gnostiques, les initiatrice et les muses. La dimension féminine entre en étroite relation avec la dimension masculine." in la psychanalyse jungienne, Collection Essentialis, ED. Bernet-Danilot, Avril 2002 modifier Chez les femmesLes figures masculines de la catégorie de l’Animus jouent le même rôle chez la femme. C’est pourquoi on la nomme la part masculine de la femme. Le processus d’individuation et l’acceptation de cet état de fait, aussi difficile pour la femme que l’homme, conduit aussi a un aboutissement de réalisation de soi. De la même manière une rencontre à lieu au final, mais avec l' homme sage Constituant l'animus, la part masculine, de la femme on peut trouver :
Chaque niveau correspond a un niveau de maturité psycho-affective. « ... l'animus est aussi un être créateur, une matrice, non pas dans le sens de la créativité masculine, mais dans le sens qu'il crée quelque chose que l'on pourrait appeler un logos spermatikos - un verbe fécondant. De même que l'homme laisse sourdre son œuvre, telle une créature dans sa totalité, à partir de son monde intérieur féminin, de même le monde intérieur masculin de la femme apporte des germes créateurs qui sont en état de faire fructifier le côté féminin de l'homme. C'est là l'origine de la "femme inspiratrice" qui, si elle est mal formée, recèle aussi en elle la possibilité de devenir la pire des viragos ... » in C.G. Jung " Dialectique du moi et de l'inconscient ", Idées / Gallimard, 1973 p 187/188. modifier Pour les deux genres :modifier Généralités sur les deux genres
modifier Des archétypes d'enfant dont l'enfant divin
modifier Des personnages archétypaux : Le trickster, la part d'ombre etc.
modifier L'inconscient
modifier Développement personnelmodifier Libérer le soi« L'individuation n'a d'autre but que de libérer le Soi, d'une part des fausses enveloppes de la persona, et d'autre part de la force suggestive des images inconscientes. » dans Dialectique du Moi et de l'Inconscient, Carl Gustav Jung, (ISBN 2-07-032372-2) L'individuation est caractéristique de la seconde moitié de la vie : quand l'homme a établi sa place dans le monde une nouvelle exigence peut se faire valoir à lui : celle d'être vraiment lui-même, être ce qu'il est, tout ce qu'il est, et seulement ce qu'il est. Une telle exigence est loin de ce que certains ont voulu en faire : si, dans ce processus, l'individu se sent parfois en lien intime avec l'univers, comme un microcosme à l'image du macrocosme, ce n'est là qu'un des aspects d'un processus complexe qui passe par différentes étapes de conscientisation, confrontation et intégration des contenus de l'inconscient. Jung a décrit quelques unes des principales étapes de ce processus, selon les contenus inconscients avec lesquels l'individu a à faire : la persona qui représente l'identification de la personne avec son rôle dans la société, l'ombre qui contient tout ce que la personne juge moralement répréhensible, l'anima (pour les hommes), ou l'animus (pour les femmes), qui représentent respectivement les valeurs féminines et masculines. Pour Jung nombre de conflits inconscients à l'origine de troubles névrotiques résultent de la difficulté à accepter cette dynamique qui vient décentrer le sujet conscient de sa position habituelle et le confronter à des parts de lui-même qu'il avait l'habitude d'ignorer. modifier Le soiLe terme de Soi et d'âme ne prennent une valeur conceptuelle pour JUNG qu'a partir de l'ouvrage Les Métamorphoses de 1912. Le soi en tant que concept, est utilisé en psychologie et en psychanalyse, selon différentes acceptions, variables en fonction des courants de pensée de cette discipline. Carl Gustav Jung utilisa ce terme dans le sens d'un concept ; il en fit par la suite l'un des piliers de sa psychologie analytique et de la psychologie sociale. En psychanalyse post-freudienne, c'est notamment Heinz Kohut qui en a théorisé et développé le concept. « le soi est la donnée existant a priori dont naît le moi. Il préforme en quelque sorte le moi. Ce n'est pas moi qui me crée moi-même : j'adviens plutôt à moi-même. »(C.G. Jung, « Le symbole de la transsubstantiation dans la messe », in Les racines de la conscience, Paris, Buchet Chastel, 1971, p.281) Le Soi est un concept limite qui regroupe en un même ensemble le conscient et l'inconscient (psychologie analytique) : inconscient personnel et inconscient collectif. Il traduit l'expérience de la totalité, la capacité de représentation de la totalité, autant que le processus psychique qui va dans le sens d'une conscience englobant de plus en plus d'éléments inconscients. Le Soi intervient dans le processus d'individuation ; il en est le moteur, l'organisateur et, dans une certaine mesure, le but. Le Soi est ainsi l'archétype de la conscience et du moi. Le rapport du Moi au Soi est décrit par Jung soit comme celui de la terre tournant autour du soleil, soit comme celui d'un cercle inclus dans un autre cercle de plus grand diamètre, soit encore comme le fils par rapport au père. Dans ce dernier cas, l'image n'est complète que lorsque l'on considère que le Soi n'advient à la conscience que par un travail de confrontation du Moi avec ses autres archétypes (animus et anima, persona, etc.), un travail de « décantation » du Moi ; le Soi est donc aussi, à la fin du processus d'individuation, d'une certaine manière, le fils du Moi (“Filius Philosophorum”). En tant que totalité, le Soi est nécessairement paradoxal : toute qualité qui lui est attribuée s'y voit accompagnée de son opposé ; seule la capacité de direction de la conscience du Moi permet la différenciation entre les contraires, et révèle donc cet aspect paradoxal du Soi, plus précisément de la conscience que l'on peut en avoir. modifier Le dialogue intérieurPour donner du sens et du nouveau, à soi même, cette théorie préconise le dialogue intérieur. Il faut d'ailleurs élever ce dialogue au niveau d'un art. Ainsi Carl Gustav Jung disait : « ... il faut se cultiver dans l'art de se parler à soi-même, au sein de l'affect, et d'utiliser celui-ci, en tant que cadre de dialogue, comme si l'affect était précisément un interlocuteur qu'il faut laisser se manifester, en faisant abstraction de tout esprit critique ... » 1. La psychologie analytique invite à la discussion, au sens littéral du terme. C'est a dire « se mettre à se parler avec soi même ». Ainsi chaque archétype peut être consulté, peu prendre la parole et on peut s'adresser à lui. C'est pourquoi les archétypes qui ont été découverts pas cette théorie ont valeur de concept. Ils renvoient directement à une réalité. L' "aspect féminin de l'homme", "une femme présente en l'homme" ou l"Anima" : ces trois expressions renvoient à la même chose. Cet usage d'écrire n'est pas qu'une simple convention d'écriture et de tolérance. Elle est essentielle à une compréhension de la théorie et s'étend à l'ensemble des archétypes. En effet, dans le cadre de cette théorie, on peut dire que les archétypes sont des archétypes vivants. L'exemple le plus célèbre l'"Anima" ( côte féminin de l'homme ou femme en l'homme ) : Quand la théorie dit qu'il y a une femme dans l'homme, cela peut s'entendre au sens littéral du terme, pour certains orthodoxes de la pensée jungienne, d'autre préférant parler de côté féminin. Si par exemple on commence (dans le cas d'un homme) à se poser la question de l'absence du corps de la femme le dialogue commence avec soi même. (On peut aussi avoir des questionnements autour de son amante ? de sa mère ? du renoncement à être physiquement une femme ? Qu'est ce qu'être un homme etc.) Souvenons nous que l' « “Archétype” est pratiquement synonyme du concept biologique de pattern of behaviour. » 2, le dialogue devient possible. Ainsi dans le cas de l'anima, « Il faut élever ce dialogue avec l'anima à la hauteur d'une technique. Chacun, on le sait, a la particularité et aussi l'aptitude de pouvoir converser avec lui-même. Chaque fois qu'un être se trouve plongé dans un dilemme angoissant, il s'adresse, tout haut ou tout bas, à lui-même la question (qui d'autre pourrait-il donc interroger ?) : "Que dois je faire ?" ; et il se donne même (ou qui donc la lui donne en dehors de lui ?) la réponse. » 3. modifier Une approche des rêvesEn 1916 Carl Gustav Jung publie Allgemeine Gesichtspunkte zur Psychologie des Traumes (Points de vues généraux de la psychologie du rêve) où il développe sa propre compréhension des rêves qui diffère beaucoup de celle de Freud. Pour lui, les rêves sont aussi une porte ouverte sur l'inconscient, mais il élargit leurs fonctions par rapport à Freud. Selon Jung, une des principale fonction du rêve est de contribuer à l'équilibre psychique. Il constate que tout ce que nous vivons dans la journée n’arrive pas dans la conscience. Certaines choses (mouvements, expressions de visages, etc.) restent subliminales Dans le rêve l’aspect caché, inconscient d’un concept peut être mis en images. 4 La psyché de l’homme est constitué de parties conscientes et d’autres inconscientes, ces dernières s'expriment pendant les rêves. “Pour sauvegarder la stabilité mentale, et même physiologique, il faut que la conscience et l’inconscient soient intégralement reliés, afin d’évoluer parallèlement.” 5 Les rêves s’expriment par symboles, cependant un même symbole n’a pas forcément le même sens, tout comme des motifs qu’on retrouve fréquemment (la chute, voler, les poursuites...) demandent des interprétations individuelles, parce que leur sens dépend du contexte et de la vie du rêveur. 6 modifier Les développements de la "psychanalyse jungienne" :Les nombreuses approches de Carl Gustav Jung ont donné lieu à des continuités théoriques, des recherches et des pratiques. Parmi les domaines ayant donné lieux à des continuations, les plus connus sont : le type psychologique, les psychothérapies d'inspiration jungienne, l'éducation archétypale etc. modifier La question du type psychologiqueDans son ouvrage Les types psychologiques, Carl Gustav Jung définit trois grandes paires de caractéristiques de la psyché humaine, caractéristiques qu’il fonde à la fois sur sa pratique de la psychanalyse mais aussi sur une étude assez poussée de la différenciation psychologique au cours des différentes époques pré et post-chrétiennes. Afin d'éviter les récupérations mal comprises de ces travaux, en particulier celles proposant par exemple "que lorsque que l'on est de tel ou tel type l'on doive forcément agir de telle ou de telle façon" ou "que ni du "type psychologique" ni de la façon "d'être ou d'agir nous ne puissions à tout jamais sortir de notre vie". Il développa dans ouvrage "L'homme et ses symboles" une mise en garde. En particulier au travers d'un passage ayant pour sujet l'un des aspects de la personnalité de la femme (part masculine de la femme), que l'on nomme l'animus. (De la page 194 à 195). Cette approche des types psychologiques permit par la suite le développement de deux théories. modifier Une 1 ére théorie : La vision de Myers et BriggsIssue de cette conception jungienne est née une première théorie. Myers et Briggs sont deux américaines, une mère (Katharine Briggs) et sa fille (Isabel Myers) qui ont élaboré un questionnaire psychométrique pour faciliter l'application et la démocratisation de la théorie. modifier Une 2 éme théorie : La vision socioniqueIssue de cette conception jungienne est née une seconde théorie développée dans la continuité de Jung et dans la "sphère soviétique", accessible depuis les années 1990. La Socionique est un modèle stipulant que chacun des seize types psychologiques possèdent un rôle social plus ou moins déterminé. Chaque personne accepte et produit de l’information de manière différente selon son type, ce qui génère des comportements différents selon les types. modifier La question de la psychothérapieFreud n'avait pas cessé de pratiquer la cure analytique traditionnelle, bien que celle ci évolua. Il envisagea de l'adapter, selon la formule célèbre : il faut mêler le cuivre de la psychothérapie à l'or de la psychanalyse. Il s'agit donc ici d'une considération d'une évolution de la psychanalyse plus que d'une référence à une psychothérapie d'obédience psychanalytique. On note surtout l'aspect péjoratif : la psychothérapie est qualifiée de moins glorieuse ; pourtant, cette idée sera loin d'être partagée par tous les analystes. Pour Pierre Fédida entre autre, la psychothérapie est le plus souvent une psychanalyse compliquée. Longtemps dénommées PIP (psychothérapies d'inspiration psychanalytiques), terme abandonné au vu de son imprécision, elles regroupent des traitements qui se référents à la théorie de la psychanalyse mais qui divergent de la "cure type". Les variations formelles du cadre portent sur le nombre de séances hebdomadaires (1 à 2), sur la position: face à face en principe pas de divan. Des éléments non analytiques peuvent bien prendre place, tels que la suggestion. L'entretien sera parfois semi-directif (alors que la cure psychanalytique est un entretien non-directif). Le paiement peut éventuellement passer par un tiers (Sécurités Sociales) si la cure est menée par un médecin. Traditionnellement, il est admis que les psychothérapies psychanalytiques portent plus sur un travail de reconstruction-remémoration et moins sur l'analyse du transfert comme le fait la cure type. Elle utilise le transfert mais laisse son élucidation dans l'ombre. Pour le reste, le règles s'apparentent à la psychanalyse classique, libre association, neutralité du psychothérapeute, etc. La psychothérapie psychanalytique peut-être opérée par un psychologue ou un psychiatre formés, pour certains elle devrait être exclusivement faite par des psychanalystes, ceci est l'objet de débats. La psychothérapie issue de la psychologie analytique laisse une place plus grande a certains concepts explicitement junguien tel que l'enfant intérieur, le travail sur les rêves, les archétypes etc. explicitement issue des travaux junguiens. - Bibliographie
modifier La question de l'éducation :Dans le cadre de la psychologie analytique, l'éducation commence par celle de l'éducateur, en particuliers au travers d'un apprentissage de soi, une connaissance de soi. Le présupposé étant que si l'on se connait mieux, on peut mieux agir envers les autres, en particulier envers les enfants. Les travaux jungiens de l'éducation sont en général, mal connus du grand public et mal diffusé. C’est l'écriture de l'ouvrage Carl Gustav Jung, « Psychologie et éducation », qui le premier aborda psychologie analytique et éducation. Cet ouvrage donna lieu par la suite à la création d'une pensée jungienne de l'éducation. Carl Gustav Jung, puis quelques auteurs issues du monde de l'éducation ( Éducateur, pédagogue, chercheur en sciences de l'éducation) mais aussi de psychologue jungien travaillant sur le thème de l'éducation, ont alors développés "une pensée et une pédagogie" spécifiques.
modifier La question de la synchronicitéCarl Gustav Jung proposa de nommer synchronicité, l'occurrence simultanée de deux événements qui ne présentaient pas de rapport de causalité, mais dont l'association prenait un sens pour la personne qui les éprouvait. Le concept de synchronicité définit par Jung n'a de sens que par rapport aux autres concepts de la théorie dans le cadre de la psychologie analytique. Dans les Cahiers de Psychologie jungienne, n°28, 1er trimestre 1981, nous trouvons à la page 2 cette définition de la "synchronicité". Carl Gustav Jung : - "J'emploie donc ici le concept général de synchronicité dans le sens particulier de coïncidence temporelle de deux ou plusieurs événements sans lien causal entre eux et possédant un sens identique ou analogue. Le terme s'oppose à "synchronisme" qui désigne la simple simultanéité de deux évènements. La synchronicité signifie donc d'abord la simultanéité d'un certain état psychique avec un ou plusieurs événements parallèles signifiants par rapport à l’état subjectif du moment, et - éventuellement - vice-versa." Un exemple de synchronicité, que chacun a pu expérimenter est de recevoir un appel téléphonique d'une personne à laquelle on était justement en train de penser. Jung intégra ce concept à sa théorie du fonctionnement psychique, au sens où cette occurrence surprenante pour le sujet, le faisait aller dans une autre voie de réflexion, permettant a certains de connaître un changement d'état important. On retrouve ce phénomène a l'inverse c'est à dire vers un état de dégradation quand par exemple deux personnes se fâchent et que l'une d'elles, a par la suite un accident grave. Le sujet qui a souhaité du mal à l'autre peut se trouver alors affecté ou très affecté. Ce qui est important pour Jung dans la synchronicité ce n'est pas que deux événements se produisent en même temps, mais le sens que donne le sujet a cette occurrence , et qu'il en tire partie pour un mieux être. modifier La question de la résistance (ou le misonéisme dépassable)Dans la perspective jungienne, questionner l'inexistence de ce concept (ou d'un autre) et refuser de discuter avec soi même se nomment "être en résistance,". "Étre en résistance" c'est en premier lieu être résistant à soi même, à sa propre nature. Cette résistance peut être intellectualisée sous la forme de critiques intellectuelles attaquant la théorie. Par exemple, une forme de résistance est de dire dire que : "la psychologie jungienne ne renvoie pas au réel ou est une pseudo-science ou est machiste ou féministe, de droite ou de gauche, etc". Car finalement cette fixation intellectuelle, comme dans le contexte de clinique de la psychanalyse, est une force qui s'oppose au retour dans le conscient. Ce sont des pensées inconscientes qui pourraient participer à la guérison du patient. Quitter la lutte intellectuelle est déjà un chemin vers la guérison. modifier La question du transfertJung a consacré au transfert un ouvrage (1946), Psychologie du transfert, où il fait la synthèse de son approche de ce phénomène intersubjectif. S'il est bien un point sur lequel Carl Gustav Jung n'a jamais contesté l'apport de Freud, c'est sur l'importance capitale du transfert dans le processus analytique. Cependant l'approche que Jung fait du transfert est significativement différente de celle de son aîné sur au moins deux points :
Dans la pratique clinique les aspects de tranférantiels nécessitent une éthique particulière. Extrait du code éthique de la société française de psychologie analytique (SFPA-Institut C.G. Jung) : « ...Les caractéristiques spécifiques d’une éthique psychanalytique sont liées à la relation transférentielle entre analysant et analyste. Les processus inconscients mis en jeu dans le transfert induisent une relation de dépendance de l’analysant qui perd ses défenses et ses repères habituels. Ceci demande que l’analyste soit le garant de la relation transférentielle qui, ainsi, au cours du processus analytique, va présenter un aspect dissymétrique ...» modifier La question de la pulsion de mort.Carl Gustav Jung n'a jamais parlé de la pulsion de mort : ce concept n'avait pas encore été forgé par Freud au temps de leur collaboration. Cependant il a beaucoup travaillé cette question avec Sabina Spielrein et il a publié son second volume des "métamorphoses de la libido"8 en même temps qu'elle son article sur "la destructivité comme cause du devenir". Sabina Speilrein y affirme le désir, dans la relation amoureuse, de se fondre dans son partenaire amoureux, d'y disparaître, et d'en renaître. Jung quant à lui fait le lien entre ce désir et le désir d'inceste « [La vie est] une lutte continuelle avec la disparition, délivrance violente et momentanée de la nuit continuellement aux aguets. Cette mort n’est point un ennemi extérieur, mais une aspiration personnelle intérieure vers le silence et le calme profond d’un non-être connu, sommeil clairvoyant dans la mer du devenir et du disparaître. » (p.591-592). La différence essentielle entre la conception de Jung et celle de Speilrein est que pour elle ce désir est lié à l'objet amoureux, alors que pour Jung il n'est pas en soi lié à un objet. Il apparaît ainsi plus proche de la position que Freud adoptera 10 ans plus tard. Mais pour Jung comme pour Speilrein ce désir de mort a une visée téléologique (renaître), ce qui n'apparaît jamais dans l'œuvre de Freud. Enfin cela met en lumière la différence entre Jung et Freud sur la question de l'inceste, désir sexuel pour le parent de sexe opposé pour Freud, désir non sexuel (car anobjectal) de retour à l'en-deçà de la vie pour Jung. modifier La psychanalyse jungienne aujourd'hui :modifier L'histoire de la psychologie analytiqueLa psychologie analytique s'inscrit donc dans une histoire et se poursuit aujourd'hui : "... Ainsi la psychologie analytique a été élaborée à partir de la métapsychologie de Sigmund Freud, elle rejette le pansexualisme freudien, et refuse d'accorder à la problématique œdipienne l'universalité que Freud lui assignait et considérant la libido comme une énergie psychique non pas sexuelle mais neutre, et elle analyse les rêves selon la méthode d'amplification qui trouve son fondement théorique sur la notion d'archétypes ..." Cette origine commune avec le psychanalyse freudienne a finalement été quitté, et cette psychologie ( selon Jung , le terme peu paraître contestable a certains ) a donné naissance a une technique de travail sur soi. En France, l'usage préfère que l'on utilise les termes de "psychanalyse jungienne" pour désigner cette technique de travail sur soi afin de la différencier du cadre théorique qui lui est nommé "psychologie analytique". modifier La psychologie analytique aujourd'hui :"Chaque vie est un déroulement psychique" indique Jung et il précise que " la tâche la plus noble de l’individu est de devenir conscient de lui-même". Afin de soutenir à "(cette) tâche la plus noble", d'être plus soi même, plus conscient, une pratique clinique a vu le jour : la psychanalyse jungienne. C'est pourquoi il peut être utile de distinguer dans l'usage des termes psychologie analytique est psychanalyse jungienne. Car les termes "psychologie analytique" désigne souvent le corpus théorique et les termes de "psychanalyse jungienne" désigne la clinique. A noter que du point de vue de la théorie jungienne rien ne s'oppose a nommer l'un pour l'autre puisque l'un et l'autre ( le corpus et la clinique) sont en dialogue. Cette psychanalyse consiste en un travail sur soi qui se veut comme une optique ( on parle alors de point de vue éthique et philosophique ) prenant en compte la totalité de l’être humain ( spiritualité, sexualité, travail etc. ), qui est en développement. Elle peut être le complément pour l'homme ou la femme qui traverse des questionnements. La psychanalyse et la vie : « ... La Psychanalyse et vie ne sont pas séparées. Quand une analyse authentique s’est déroulée, l’individu devient apte à entretenir avec son inconscient, tout au long de sa vie, une relation, un dialogue dans lequel le moi laisse advenir ce qui émerge de l’inconscient, le considère attentivement, s’y confronte et l’évalue. Ce n’est qu’à l’issue de ce processus qu’une position de sujet peut apparaître... », in manifeste de présentation de la Société française de psychologie analytique - Institut C. G. Jung modifier Notes et références
modifier Personnalités de la psychologie analytiquemodifier Fondateurs et développeurs de la théorie
modifier Développement sur les études du comportement
modifier Développement en éducation et pédagogie
modifier Développement en Littérature
modifier Développement en psychothérapie
modifier Développement sur la culture italiennemodifier Voir aussimodifier Articles connexes à la Psychologie analytique
modifier Les organisations
modifier Bibliographie
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