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Pour les autres articles nationaux, voir Salaire minimum.
Le salaire minimum interprofessionnel de croissance1, plus connu sous l'acronyme SMIC, anciennement salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), est, en France, le salaire minimum horaire en-dessous duquel aucun salarié ne peut être payé. Il est réévalué au minimum tous les ans au 1er juillet, et plus souvent en cas d’inflation importante ou de choix politique. Le gouvernement de M. Fillon prévoit que la réévaluation se fasse au 1er janvier à partir de l'année 2010. Depuis le 1er juillet 2008, la valeur du SMIC brut est de 8,71 € par heure2 en France (à ne pas confondre avec le montant minimum garanti, fixé à 3,31 €). Soit, pour un travail à temps plein de 151,67 heures par mois (semaine de 35 heures), 1 321,02 € brut mensuel, ce qui correspond à 1037,53 € net3, 1016,19 € net en Alsace et dans le département de la Moselle. Au 1er juillet 2007, il y avait 2,01 millions de smicards en France, représentant 12,9 % des salariés (hors secteur agricole et interim)4. Cela représentait au 1er juillet 2006 9,0 % des emplois et 8,1 % de la population active. Au 1er juillet 2007, 30,5 % des personnes payées au SMIC horaire travaillaient à temps partiel5.
modifier HistoriqueLe SMIC a succédé, en application d'un décret du Premier ministre Jacques Chaban-Delmas du 2 janvier 1970, au Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), instauré le 11 février 1950. Le SMIG n'était indexé que sur les prix, qui augmentent moins vite que la moyenne des salaires en moyenne, notamment parce que les salaires croissent en moyenne au même rythme que la productivité (environ 5 % par an pendant les Trente glorieuses, un peu moins de 2 % par an en moyenne ensuite). Le pouvoir d'achat du SMIG n’augmentait pas, et en raison des gains de productivité il y avait de moins en moins de smigards. Des fortes revalorisations du SMIC entre 1994 et 2005 ont conduit à ce que le SMIC augmente plus vite que le salaire moyen, et ont abouti à un « écrasement de la hiérarchie des salaires »6. La proportion de salariés payés au SMIC dans l’ensemble des salariés est passée d’environ 10 % sur la décennie 1987-1996 à plus de 16 % en 20056. Le pouvoir d'achat des travailleurs payés au salaire minimum a cru plus vite en moyenne que celui des autres salariés ; en particulier, les bas salaires sont progressivement rattrapés par la croissance du SMIC car ils augmentent moins vite que le SMIC6. Au cours des années 1990 et des années 2000, les gouvernements ont également baissé les charges sur les bas revenus afin de limiter la croissance du coût du travail des bas salaires, en particulier au niveau du SMIC, pour favoriser l'emploi. Ces actions ont eu comme effet pervers d'augmenter la proportion d'employés payés au SMIC par un effet dit de « trappe à bas salaire ». La réduction de la durée du travail de 39 à 35 heures entre 1997 et 2002 a donné lieu à la création de cinq SMIC différents. Les niveaux des SMIC ont été réunifiés de 2003 à 2005 par la loi Fillon sur la RTT, avec un mode de convergence qui a abouti à une forte revalorisation du SMIC, qui a augmenté d’un peu plus de 5,5 % en moyenne sur chacune des trois années 2003-20056. modifier Exceptions au SMICDans certains cas, il existe une réduction :
Les travailleurs à temps partiel ne perçoivent pas une rémunération inférieure aux SMIC horaire. Les notes de frais, heures supplémentaires et primes sont exclues du calcul. modifier RevalorisationSon augmentation correspond au minimum à l'inflation constatée l'année précédente, plus 50 % de l'augmentation du salaire moyen[réf. nécessaire]. Le gouvernement a en outre la possibilité d'accorder des « coups de pouce ». De plus si l'inflation constatée entre le 1er juillet et le dernier mois connu (N-1) dépasse 2 %, il est automatiquement réévalué au mois N+1 du pourcentage de cette inflation. L'augmentation du salaire minimum est autant un enjeu syndical que politique comme l'attestent les déclarations de la CGT réclamant un SMIC à 1 500 euros brut par mois, au lieu des 1 321,02 euros actuels. Pendant la campagne électorale de 2007, le Parti socialiste promettait l'augmentation du SMIC à 1 500 euros (parfois nets, parfois bruts) par des coups de pouce réguliers, pour atteindre ce montant au plus tard en 2012 (c'est-à-dire au terme de la législature 2007-2012), ce qui correspondait à la prévision de la hausse du salaire moyen prévue. Cependant, la candidate Ségolène Royal est revenue sur cet engagement après sa défaite électorale en le qualifiant de « non crédible »8. L'OCDE recommande, afin de réduire le chômage, de limiter la croissance du SMIC au strict maintien du pouvoir d'achat9. De même, le FMI note que « La hausse tendancielle du SMIC, en renchérissant le coût du travail, a évincé les jeunes et les non-qualifiés du marché du travail. Elle a par ailleurs comprimé l'échelle des bas salaires et découragé le travail. »10 L’INSEE a estimé en 2000 qu’« une augmentation de 10 % du Smic détruirait environ 290 000 emplois [..] à long terme »11. modifier Évolution récente du SMIC horaire brut en euros
* Pour l'année 1996, il a été tenu compte des deux évolutions cumulées dans le calcul de la différence. Source :réf. à confirmer : Insee modifier Évolution historique du SMIC horaire brut en euros
modifier Le niveau du SMIC par rapport aux autres paysEn pourcentage du salaire moyen, le SMIC en France est beaucoup plus élevé que dans les autres pays de l'OCDE13, Les augmentations du SMIC, plus rapides que celles du salaire moyen, ont conduit à augmentation du pourcentage de salariés payés au salaire minimum. La part est passée de 8,1 % en 1993 à 16,3 % en 2005, et 15,1 % en 200614. La comparaison avec les États-Unis montre qu’en France la part des salariés entre 25 et 55 ans payés au salaire minimum est très élevée, alors qu’aux États-Unis le salaire minimum ne concerne essentiellement que les jeunes de moins de 25 ans, qui font des « petits boulots »15. modifier Le SMIC remis en causeSelon la vision libérale, le SMIC, du fait de son niveau élevé, a une influence particulièrement néfaste en France car il empêche l'ajustement entre l'offre (d'emplois par les entreprises) et la demande d'emplois (des chômeurs) sur certains marchés de l'emploi. Selon la théorie de l'offre et de la demande, les prix sur le marché (ici le prix du travail est le salaire) permettent un ajustement entre l'offre et la demande, et le retour à un état d'équilibre économique, le « plein emploi. » Les marchés de l'emploi concernés par ce problème sont ceux des emplois peu qualifiés (dont la productivité est inférieure au coût du SMIC pour l'employeur), où justement le chômage en France est particulièrement élevé. Par ailleurs, l'échelle des salaires est aplatie par l'existence du SMIC, et certains employés seraient « bloqués » au niveau SMIC, sans espoir de promotion salariale. Ce phénomène est accentué en France par les allègements de charge qui ont été mis en place sur les bas salaires, incitant les entreprises à ne pas augmenter ces employés. L'Ifrap compare ainsi le pourcentage de salariés au Smic en France (16,8 %) au pourcentage américain (1,5 %)16. Le SMIC en France est beaucoup plus élevé que dans les autres pays de l'OCDE, en pourcentage du salaire moyen17, ce qui peut avoir un effet négatif sur le chômage et la production en empêchant des rmistes de trouver un emploi. Selon un rapport du Conseil d'analyse économique de Philippe Aghion, Gilbert Cette, Élie Cohen et Jean Pisani-Ferry, le niveau élevé du SMIC pénalise l’emploi des jeunes ; « on ne peut cependant ignorer que le niveau du coût du travail représente pour [les jeunes sans qualification] une barrière significative, accentuée par l’augmentation rapide du niveau relatif du SMIC au cours des dernières années. Il serait donc souhaitable de réexaminer ce que pourrait apporter une modulation selon l’expérience ou l’âge du salaire minimum des jeunes de moins de 25 ans dont le niveau de formation est inférieur au baccalauréat. »18 Le SMIC serait selon cette vision une mesure « anti-pauvres »19,20. Ainsi, la redistribution des revenus se fait au profit non pas de ceux qui en ont le plus besoin, mais de ceux qui ont le pouvoir de pression le plus important sur le gouvernement, bénéficiant ici du soutien des syndicats de salariés français21. Les libéraux avancent enfin qu'il existe d'autres moyens de redistribution des revenus moins néfastes pour l'emploi (par exemple, la prime pour l'emploi, l’Impôt négatif, l’Allocation universelle, …) et moins distorsifs pour le marché du travail. La vision keynésienne est :
Cependant, l'effet multiplicateur keynésien, s’il a peut-être fonctionné dans le passé , est de moins en moins efficace à mesure que l’économie devient ouverte (ce qui est le cas de la France où en 2005 54 % de la consommation de biens manufacturés est importée22), et la hausse de consommation générée par une hausse du SMIC ne relance que peu l’économie, et essentiellement à court terme, mais contribue à creuser les déficits publics. modifier Notes et références
modifier Bibliographie
modifier Annexesmodifier Articles connexesmodifier Liens externes
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