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Le Saint-Esprit, ou Esprit Saint, est l'Esprit de Dieu, et la troisième personne de la Trinité dans le christianisme. Il est aussi appelé l'Amour du Père et du Fils. Dans la Bible, le Saint-Esprit se manifeste dès l'Ancien Testament. Le Nouveau Testament 1 suggère que l'Esprit Saint est une personne différente du Père et du Fils, et formant avec eux un seul Dieu, même si le dogme de la Trinité n'a été formulé que progressivement, lors des conciles anciens, en particulier à partir du premier concile de Nicée. Le mot Esprit traduit dans le Nouveau Testament le mot grec Pneuma (littéralement Souffle). C'est pourquoi l'étude du Saint-Esprit est appelée la pneumatologie. modifier Définitionsmodifier Une des trois personnes de la Trinité chrétienneLe Saint-Esprit est, pour les chrétiens, l'Esprit de Dieu, qui pousse à l'action les prophètes, et d'une manière plus générale non seulement les croyants mais aussi tous les êtres humains. Depuis le premier concile de Nicée, il est reconnu comme la troisième personne de la Trinité, distinct du Père et du Fils (Jésus-Christ), mais consubstantiel à eux, c'est-à-dire partageant la même essence (οὐσία, ousía). À cette conception de l'Église se sont opposées les conceptions modaliste (Dieu n'apparaît trinitaire que dans les modalités de son action), trithéiste (trois dieux) et subordinatianiste (le Fils et l'Esprit procèdent du Père, sont subordonnés à lui et ne possèdent pas sa pleine nature divine). modifier L'Esprit Saint dans la transmission de la RévélationL'Esprit Saint participe à la transmission de la révélation divine dans la tradition apostolique :
L'introduction de l'encyclique Fides et ratio précise :
L'encyclique poursuit :
modifier L'Esprit Saint, interprète de l'ÉcritureDans le catéchisme de l'Église catholique, l'Esprit Saint est présenté comme l'interprète de l'Écriture 4. Le catéchisme mentionne deux principes d'interprétation juste :
Le Concile Vatican II indique donc trois critères pour une interprétation de l'Écriture conforme à l'Esprit qui l'a inspirée :
modifier Les sens de l'ÉcritureLe catéchisme rappelle les multiples sens de l'Écriture, le sens littéral et le sens spirituel, ce dernier étant subdivisé en trois, ce qui fait parler de quatre sens de l'Écriture :
modifier Plusieurs expressions et symboles dans les ÉcrituresLe mot qui désigne l'Esprit Saint dans la Bible hébraïque est le substantif féminin, rûah, qui signifie très concrètement le souffle ou le vent ; Il en est ainsi en grec ancien (πνευμα, "pneũma") et en latin (spiritus). Dans le Nouveau Testament, il est représenté par des symboles : la colombe (Mc 1, 10), la tempête, les langues de feu (Ac 2, 2-3). Saint Jean le désigne comme Paraclet, ce qui veut dire "Consolateur" ou "avocat" (Jn 14, 15). modifier Références dans la BibleDans le Premier Testament, dès la Genèse, on parle d'un souffle. Isaïe, à la suite du roi David, parle de l'esprit de Yahvé. Dans le Nouveau Testament, pour les chrétiens, on reprend ces notions : L'Esprit vient du ciel, il est puissance de Dieu, force sanctifiante, mais son individualité est plus affirmée (Jn 15, 26 ; Ac 15, 28). Bien que le mot grec πνευμα soit du genre neutre, le pronom εικεινος, "celui-là", est mis au masculin (Jn 16, 8). L'Esprit-Saint est cité dans plusieurs passages relatifs à la Sainte Trinité (Mt 28, 19 ; 2 Co 13, 13). Dans la Bible, on trouve un certain nombre de passages qui contiennent littéralement la notion d'Esprit Saint. On notera aussi que, dans le Nouveau Testament, l'Esprit Saint peut être appelé de différentes manières (esprit de Dieu..., voir Appellations de l'Esprit Saint). Les quelques exemples donnés ci-dessous ne sont que les plus marquants de la tradition chrétienne. modifier Premier Testament et temps des promessesL'Esprit est présent tout au long du Premier Testament 8 Dans la Création : Dans la Genèse, apparaît l'idée du souffle de Dieu (Gn 1,2). Le souffle est le signe et le principe de la vie : Adam, l'homme, devient vivant par insufflation (Gn 2, 7). Le souffle est saint puisque Dieu est saint (Ps 51 (50), 13), comme son bras (Ps 98 (97), 1) ou ses paroles (Jr 23, 9). L'Esprit n'y est pas présenté comme une personne. L'esprit de la promesse : (à compléter) Dans les théophanies et la Loi : L'Esprit apparaît dans les dernières paroles du roi David, comme esprit de Yahvé :
Dans le Royaume et l'Exil : Pour les chrétiens, c'est à l'Esprit Saint que fait référence le passage du livre d'Isaïe (11, 1-2) (livre de l'Emmanuel, titre le descendant de David) :
modifier Annonciation à Marie et naissance de JésusDans l'évangile, l'archange Gabriel est envoyé par Dieu vers la vierge Marie, qui était fiancée à un homme de la maison de David, Joseph, et lui annonce qu'elle va concevoir un enfant. Selon Luc (1, 34-35) :
Selon Matthieu (1, 18)
modifier L'enfance et le ministère de JésusL'esprit Saint est mentionné lors de la présentation de Jésus au Temple.
Jean Baptiste rendit témoignage que Jésus était l'Élu de Dieu.
Lors de son ministère, Jésus parla plusieurs fois de l'Esprit. Il enseigna en particulier que tous les péchés pouvaient être pardonnés sauf le blasphème contre le Saint-Esprit.
modifier La Cène, le jour de la Pâque juiveLe jour de la Pâque juive (Pessah), Jésus prit un repas avec ses disciples. Ce repas est appelé Cène dans le christianisme. Dans le Discours de la Cène (évangile selon Jean), l'Esprit Saint est présenté comme un défenseur, il est appelé Paraclet. Selon Jean (14, 15-17)) :
Selon Jean (16, 7) :
L'islam considère, pour sa part, que le paraclet annoncé par Jésus est le prophète Mahomet. modifier Le jour de la Résurrection, apparitions aux disciplesSelon Jean (20, 21-22), le soir de Pâques :
modifier Après la RésurrectionSelon les Actes des Apôtres (2, 2-4), le « consolateur », en grec Paraclet (παράκλητος paraklêtos, « le défenseur ») est envoyé aux apôtres.
Dans le christianisme, cet événement est fêté le jour de la Pentecôte. Première épître aux Corinthiens Trois chapitres de la première épître de Paul aux Corinthiens décrivent les dons spirituels ou « charismes » (voir aussi : section Dons de l'Esprit Saint) :
(à compléter) Le chapitre 8 de l'épître aux Romains est consacré à la vie du croyant dans l'Esprit.
modifier Perspective historiquemodifier Avant l'ère chrétienneDans le Premier Testament émerge, l'idée d'un esprit qui guide son peuple, avec Moïse, et qui met quelqu'un à la tête de la communauté pour le guider. Cette idée se précise dans les écrits du Premier Testament, tels qu'ils ont été rapportés par les scribes vers les VIIIe et VIIe siècles AEC. 10 modifier L'Esprit Saint et les premiers chrétiensDaniel Marguerat rapporte la situation de l'Église primitive :
modifier Concile de NicéeLe symbole de Nicée-Constantinople professe : « Nous croyons dans l'Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procède du Père. Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire. » Il procède du Père, non par voie de génération comme le Fils, mais par voie dite de spiration. C'est la foi de l'Église orthodoxe. modifier Querelle du FilioqueLe Symbole de Nicée-Constantinople, tel qu'il a été fixé à ces conciles, affirme à propos du Saint-Esprit : "Je crois en l'Esprit Saint, qui est Seigneur, qui donne la vie, qui procède du Père, il est adoré et glorifié conjointement au Père et au Fils, Il a parlé par les prophètes." Une modification y est apportée par Charlemagne, qui ajoute que le Saint-Esprit procède du Père "et du Fils" : « Je crois en l'Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie; il procède du Père et du Fils. Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire ; il a parlé par les prophètes. » Le Filioque était déjà adopté dans l'Église d'Espagne quand Charlemagne décide de l'ajouter au Credo, contre l'avis du pape Léon III. [réf. nécessaire] Les papes résistèrent longtemps à l'Église carolingienne, jusqu'à Nicolas Ier, premier pape à adopter le Credo de Charlemagne. L'expression théologique de la nature de l'Esprit-Saint a été l'une des causes du Grand Schisme d'Orient en 1054 à la suite de la « querelle du Filioque ». L'Église latine a ajouté à la phrase il procède du Père, du symbole de Nicée-Constantinople, le mot filioque : et du fils. Les chrétiens orthodoxes estiment cette innovation contraire à l'enseignement des Pères de l'Église. L'Église latine, qui a adopté cette modification, déclare n'y voir que le développement d'un élément non-explicite de la foi des Pères. Ce point est l'un des obstacles majeurs dans la réconciliation entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe. modifier Périodes moderne et contemporaineCes périodes sont caractérisées par un morcellement des Églises. La Réforme remit en cause certains sacrements, dont la confirmation qui porte sur l'Esprit Saint. Dans la période contemporaine, on vit apparaître, surtout aux États-Unis, plusieurs Églises ou dénominations qui insistèrent sur la place de l'Esprit Saint dans la vie personnelle du croyant, et sur les dons spirituels (charismes). Elles donnèrent lieu en particulier à des mouvements de Renouveau charismatique, dont certains inspirèrent le catholicisme (l'Emmanuel, le Chemin Neuf, Réjouis-Toi, l'Épiphanie et la Croix, Famille de Saint-Joseph). Certaines dénominations protestantes sont allées jusqu'à ignorer la notion même de sacrement (quakers). modifier Interprétation dans le christianismemodifier Appellations de l'Esprit SaintL'Esprit Saint est appelé par Jésus Paraclet dans le discours de la Cène (Jn 14, 16.26 ; 15, 26 ; 16, 7), littéralement celui qui est appelé auprès, que l'on traduit par consolateur ou défenseur. Jésus appelle l'Esprit Saint Esprit de vérité (Jn 16, 13). Les autres appellations sont chez Saint Paul :
et chez Saint Pierre :
modifier L'Esprit Saint dans la profession de foi chrétienneLes manifestations de l'Esprit Saint décrites dans le Nouveau Testament sont l'accomplissement de l'annonce faite par Isaïe (chapitre 11,2 du livre d'Isaïe). Avec la Cène, elle scelle une Nouvelle Alliance. Les dons de l'Esprit rappellent le Décalogue décrit dans la Première Alliance. La foi chrétienne s'exprime à travers les symboles de la foi, dont les deux plus représentatifs sont le symbole des Apôtres (reconnu par les Églises œcuméniques) et le Credo de Nicée-Constantinople (plus ancien), qui contiennent tous les deux la formule : « Je crois en l'Esprit Saint ».12 Paul de Tarse rappelait que « nul ne connaît ce qui concerne Dieu, sinon l'Esprit de Dieu » (première épître aux Corinthiens, 2,11). L'Esprit qui révèle Dieu nous fait connaître le Christ, son Verbe, sa Parole vivante, mais ne se dit pas Lui-même. Celui qui « a parlé par les prophètes » 13 nous fait entendre la Parole du Père. Mais Lui, nous ne l'entendons pas. Nous ne le connaissons que dans le mouvement où il nous révèle le Verbe et nous dispose à l'accueilir dans la foi.14 L'Église, en tant que communion vivante dans la foi des apôtres qu'elle transmet, est le lieu de notre connaissance de l'Esprit Saint :
Les catholiques et les Églises orthodoxes insistent sur l'institution des apôtres et le fait que l'Église en tant qu'institution devient inspirée, fondant ainsi son autorité spirituelle. Les Églises protestantes mettent l'accent sur le fait que chacun, recevant l'Esprit saint (1 Co 6:19 « votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en vous »), peut annoncer le message du Christ, qui est le critère de cette inspiration ; le même Esprit donne à l'Église les pasteurs et autres ministres dont c'est la fonction permanente. Les chrétiens des « Églises du Réveil » attachent une certaine importance au fait que l'Esprit permet d'ouvrir celui qui le reçoit à une nouvelle naissance, celle dont Jésus a parlé dans l'évangile selon Jean (3,5) : « Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le Royaume de Dieu ». Les mouvements charismatiques accordent une importance particulière à certaines manifestations de l'Esprit (parler des langues, interprétation des langues, prophéties, guérisons). modifier Symboles de l'Esprit SaintLes symboles de l'Esprit Saint sont :
modifier L'Esprit comme don de Dieu, fruits de l'Esprit SaintL'Esprit Saint est avant tout le don de Dieu. « Dieu est Amour » (1Jn 4, 8-16) et l'Amour est le premier don, il contient tous les autres. Cet Amour, « Dieu l'a répandu dans nos coeurs qui nous fut donné » (Rm 5, 5). Cet amour (la charité de 1Co 13) est le principe de la vie nouvelle dans le Christ, rendue possible puisque nous avons reçu une force, celle de l'Esprit Saint. (Ac 1, 8). C'est par cette puissance de l'Esprit que les enfants de Dieu peuvent porter du fruit. 16 On doit distinguer les dons de l'esprit et les fruits de l'esprit. Saint Thomas d'Aquin fait cette distinction dans la Somme théologique. 17 Selon l'épître aux Galates (5, 22-23) : « Mais le fruit de l'Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi : contre de telles choses, il n'y a pas de loi. » modifier Dons de l'Esprit Saint
Rappel des sept dons de l'Esprit Saint dans la Vulgate Par rapport aux six dons cités par Isaïe (11,2), la traduction latine de la Vulgate dédouble la « crainte de l'Éternel » (spiritus timoris Domini), ajoutant la piété (spiritus pietatis). Ce sont les « sept dons de l'Esprit Saint », qui « rendent les fidèles dociles à obéir avec promptitude aux aspirations divines ») 18 Dons de l'Esprit dans la Bible On trouve trois listes de dons de l’Esprit Saint : 1 Corinthiens 12:8-13
Éphésiens 4:11-12
Romains 12:6-8
Dans chacune de ces références il est clairement dit que ces dons sont pour l’édification de l’Église. Treize dons sont mentionnés dans ces trois listes (les paroles de sagesse, les paroles de connaissance, le pastorat, le ministère d’évangéliste, le don de commandement, l’apostolat, la foi, le don des guérisons, le don des miracles, la prophétie, le discernement des esprits, la diversité des langues, l’interprétation des langues). Il n’y a pas de "standard" uniformément accepté clôturant cette liste. Saint Paul fut au courant de la puissance de l’Esprit se manifestant de ces manières et enseigna l’Église de l’existence de ces dons, leur rôle et leur importance. Cela doit se différencier des talents qui sont accordés à tout enfant de Dieu et qui sont pour tous ceux qui croient en Jésus Christ – Les dons de l’Esprit Saint pour la puissance et les talents nécessaires pour faire le travail de Christ dans le monde. Dons de l'Esprit dans l'Église Les dons de l'Esprit ou dons spirituels sont encore appelés « charismes » 19. Dans le catéchisme de l'Église catholique (n° 1830 à 1845, pp. 387 et 388), les dons de l'Esprit sont reformulés en sept dons (six sont mentionnés dans Isaïe 11, 12) :
Saint Bonaventure identifiait également sept dons. 20 Par ailleurs, le parler en langues, et l'interprétation des langues, qui ne figurent pas en tant que tels dans les dons tels qu'exprimés dans le catéchisme, sont reconnus dans les mouvements catholiques du Renouveau charismatique. Le parler en langues est appelé glossolalie. Selon Saint Paul, l' interprétation des langues est nécessaire :
modifier Aspects théologiquesDans la théologie chrétienne, l'étude et la célébration de l'Esprit Saint s'appellent la pneumatologie (du grec « pneuma », esprit). modifier L'Esprit Saint dans la Trinité« au nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit » 21 Le baptême chrétien se fait au nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit, et non pas aux noms, ce qui révèle le caractère d'unicité du Dieu trinitaire. Le signe de croix symbolise les trois Personnes de la Trinité. Le Père et le Fils sont révélés par l'Esprit 22 Avant sa Pâque, Jésus annonce l'envoi d'un autre Paraclet (Défenseur), l'Esprit Saint. A l'oeuvre depuis la création 23, ayant jadis parlé par les prophètes, Il sera maintenant auprès des disciples et en eux 24, pour les enseigner et les conduire vers la vérité toute entière 25. L'Esprit Saint est ainsi révélé comme une autre personne divine par rapport à Jésus.26 La confession de foi apostolique concernant l'Esprit a été formulée lors du deuxième concile œcuménique de Constantinople en 381. 27 La Sainte Trinité dans la doctrine de la foi Le mystère de la Sainte Trinité, tel qu'il est compris par l'Église catholique, est bien formulé par cette citation du théologien catholique René Laurentin : « De toute éternité, le Père, Principe éternel de toute unité, donne naissance à un Fils qui est son expression parfaite. Le Père lui donne tout ce qu’il est. Le Fils, en retour, lui rend tout ce qu’il est dans une éternelle reconnaissance. L’Amour mutuel du Père et du Fils qui fait leur unité est une troisième Personne, l’Esprit Saint. (…) L’Esprit Saint est l’Amour du Père et du Fils. L’unité absolue des trois Personnes s’achève dans l’Amour suprême : l’Esprit Saint, en qui s’accomplit la totale réciprocité. (…) La vie divine des trois Personnes est non seulement communion et communication, mais unité d’être et d’action. Leur distinction n’est pas différence, mais relation, corrélation, selon un ordre interne que reflète la Création. » 28 modifier L'Esprit Saint révélateur et relais du Christ« L’Esprit Saint n’est pas seulement « l’exégète » du Christ (comme le dit le cardinal Urs Von Balthasar) : l’interprète qui le révèle. Il est en quelque manière sa revanche sur le monde où Dieu fait homme n’a pas fait brillante carrière. Sa vie a été humainement un échec. Il est mort ignominieusement, condamné, brocardé, abandonné. Mais il le savait, il l’avait annoncé selon les Écritures (Is 53 ; Ps 22, 1, 7-9, 12, 19, 20-22). Il l’assumait. Sa part était de partage le malheur des hommes et de donner ainsi la preuve du « plus grand amour » (Jn 15, 13). C’est de ces racines profondes qu’a surgi l’Église. Mais c’est l’Esprit Saint qui l’a fait naître, à la Pentecôte. Le Verbe Incarné a été jugé et condamné par le monde. L’Esprit Saint, envoyé, a déjà commencé à juger et condamner le monde, de l’intérieur, par la vie même qu’il y suscite (Jn 16, 7-12). » René Laurentin, L’Esprit Saint cet Inconnu, éd. Fayard, 1998. modifier L'Esprit Saint et l'homme« L'Esprit est en nous le signe certain de la création nouvelle qui, tout inachevée qu'elle soit, a déjà commencé (cf. Ga 6, 15). Actualité du Christ crucifié, il est aussi en même temps actualité du Christ ressuscité. Non pas réalité de notre propre résurrection, mais garantie qu'elle aura lieu. Plus encore, possibilité de considérer que nous sommes morts avec le Christ, et vivants pour Dieu en lui (Rm 6,11) ; possibilité et permission de vivre, aujourd'hui, avec une entière assurance (Rm 8,18 ss). » B. Gillieron, Le Saint-Esprit, Actualité du Christ, Genève, éd. Labor et Fides, 1978. modifier L'Esprit Saint dans la vie chrétiennemodifier Dans la prière chrétienneJésus rappelle le rôle de l'Esprit Saint pour l'efficacité de la prière :
Saint Paul rappelle la nécessité de la prière :
Le catéchisme de l'Église catholique précise :
Les prières orthodoxes commencent toujours par une prière initiale à l'Esprit Saint, afin que conformément à la parole de Saint Paul citée ci-dessus, ce soit l'Esprit Saint lui-même qui vienne nous communiquer l'état de la prière et prier en nous, à travers nous :
modifier Dans les sacrementsLe Baptême L'Esprit Saint est présent dans le Baptême. Dès la Pentecôte, Pierre déclare à la foule :
Par l'Esprit Saint, le Baptême est un bain qui purifie, sanctifie et justifie (1 Co 6, 11 ; 12, 13). 30 Depuis le jour de la Pentecôte, « les apôtres, pour accomplir la volonté du Christ, communiquèrent aux néophytes, par l'imposition des mains, le don de l'Esprit qui porte à son achèvement la grâce du Baptême31. C'est pourquoi dans l'Épître aux Hébreux prend place, parmi les éléments de la première instruction chrétienne, la doctrine sur les Baptêmes et aussi sur l'imposition des mains32. La Confirmation L'imposition des mains est à bon droit reconnue par la tradition catholique comme l'origine du sacrement de Confirmation qui perpétue, en quelque sorte, dans l'Église, la grâce de la Pentecôte »33. Très tôt, pour mieux signifier le don du Saint-Esprit, s'est ajoutée à l'imposition des mains une onction d'huile parfumée (chrême). Cette onction illustre le nom de « chrétien » qui signifie « oint » et qui tire son origine de celui du Christ Lui-même, Lui que Dieu a oint de l'Esprit Saint (Ac 10, 38). Ce rite d'onction existe jusqu'à nos jours, tant en Orient qu'en Occident. En Orient, on appelle ce sacrement chrismation, onction de chrême, ou myron, ce qui signifie chrême. En Occident le nom de Confirmation suggère à la fois la ratification du Baptême, qui complète l'initiation chrétienne, et l'affermissement de la grâce baptismale, tous fruits du Saint-Esprit.34 Chez les catholiques, la Confirmation est nécessaire à l'accomplissement de la grâce baptismale : par le Sacrement de Confirmation, le lien des baptisés avec l'Église est rendu plus parfait, ils sont enrichis d'une force spéciale de l'Esprit Saint et obligés ainsi plus strictement à répandre et à défendre la foi par la parole et par l'action en vrais témoins du Christ.35 Pendant la Cène, Jésus institue l'Eucharistie. Selon la tradition catholique, Il annonce plusieurs fois la venue du Paraclet (Jn 14, 15-17 ; 16, 7). Le Christ est présent dans l'eucharistie par la puissance de sa Parole et de l'Esprit Saint. 36 Il est présent de multiples manières « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom » (Mt 18, 20), dans les pauvres, les malades, les prisonniers (Mt 25, 31-46), dans les sacrements. Le Christ est présent au plus haut point sous les espèces eucharistiques. C'est par la conversion du pain et du vin au Corps et au Sang du Christ que le Christ devient présent en ce sacrement. Les Pères de l'Église ont fermement affirmé la foi de l'Église en l'efficacité de la Parole du Christ et de l'action de l'Esprit Saint pour opérer cette conversion. L'appel de l'Esprit Saint se fait par deux épiclèses :
Le sacrement de pénitence et de réconciliation La réconciliation est explicitement un sacrement dans le catholicisme, dans les Églises orthodoxes, et dans l'Église anglicane. C'est un prêtre qui est habilité à administrer ce sacrement. L'Esprit Saint est mentionné par Jésus dans la rémission des péchés :
Dans la formule d'absolution, le prêtre pardonne les péchés au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit Ce sacrement produit un don particulier de l'Esprit Saint : la grâce première est une grâce de réconfort, de paix et de courage pour vaincre les difficultés propres à l'état de maladie grave ou à la fragilité de la vieillesse.38 modifier L'Esprit Saint dans l'artmodifier En peintureL'Esprit Saint est souvent représenté comme une colombe, du fait que l'Esprit Saint est descendu sur Jésus sous la forme d'une colombe quand Il a été baptisé dans le Jourdain. Dans beaucoup de peintures de l'Annonciation, l'Esprit Saint est représenté sous la forme d'une colombe, qui représente l'annonce de la conception de Jésus, que l'ange Gabriel souffla dans l'oreille de la Vierge Marie. La colombe est aussi à mettre en rapport avec celle qui apporta une branche d'olivier à Noé après le Déluge, et les traditions rabbiniques selon lesquelles les colombes au-dessus de l'eau signifient la présence de Dieu. Les Actes des Apôtres décrivent l'Esprit Saint descendant sur les Apôtres à la Pentecôte sous la forme d'un souffle et d'une langue de feu qui se pose sur les têtes des Apôtres. En fonction de ce récit, l'Esprit Saint est quelquefois symbolisé par une langue de feu. modifier En musiqueL'hymne Veni, Creator Spiritus est chanté à la Pentecôte. Il comporte sept strophes qui symbolisent les sept dons traditionnels de l'Esprit Saint (sagesse, discernement, conseil, savoir, force d'âme, piété et crainte ( = immense respect ) du Seigneur. Il est attribué à Rabanus Maurus (776-856). Cet hymne est chanté aux Vêpres, à la Pentecôte, à la dédicace d'une église, à la Confirmation, et à l'ordination sacerdotale, et à chaque fois que l'Esprit Saint est solennellement invoqué. Une indulgence partielle est accordée au fidèle qui le récite. Une indulgence plénière est accordée s'il est récité le 1er janvier ou à la fête de la Pentecôte. Texte en latin et en français sur le site officiel de la Conférence des évêques de France. modifier L'Esprit Saint et les autres religions ou spiritualitésmodifier Le Paraclet ou l'éventuelle approche islamiqueVoici les versets sur lesquels s'appuie l'analyse : Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous, L'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point ; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous et il sera en vous ... Mais le consolateur, l'Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit (Jean 14 :15-17, 26). Cependant je vous dis la vérité : il vous est avantageux que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous ; mais, si je m'en vais, je vous l'enverrai ... J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. Il me glorifiera, parce qu'il prendra de ce qui est à moi, et vous l'annoncera (Jean 16 :7, 12-14). Plusieurs éléments peuvent converger vers une autre hypothèse tout à fait envisageable et différente de la tradition catholique romaine, concernant la "personnalité" du paraclet. En effet, Jésus annonce la prochaine venue d'un paraclet, mais qui possède des caractéristiques très "atypiques" et précises. Le terme atypique est ici fondamental, car selon les évangiles (un rapide résumé), un autre paraclet devra venir (cela apparaît comme un impératif) après le départ du Christ, et parlera aux Hommes (le monde), pour les convaincre en ce qui concerne le péché. En outre, ce Saint-Esprit devra alors glorifier et reprendre les paroles de Jésus, et surtout, ne parlera pas de son propre chef. Ce paraclet y demeurera éternellement. Le Saint-Esprit pour les musulmans est identifié à un ange apportant la parole divine (Gabriel). Il ne s'adresse pas aux Hommes (en général), et il était présent lors du passage de Jésus. Dans une lecture musulmane de ce texte, on observe que Mohammed atteste du message divin que fut chargé de transmettre Jésus, s'adresse aux Hommes, afin de les convaincre sur le châtiment qu'encourent les pécheurs. Il transmet le message à travers le livre saint des musulmans (le Coran) qui demeure éternellement avec et dans tous les Hommes. Le "Paraclet" dans son explication chrétienne ne correspond pas fidèlement selon cette conception aux caractéristiques et aux fonctions annoncées par les évangiles (et l'Ancien Testament). Certains musulmans considèrent que Muhammed (Mahomet) incarne plus parfaitement la description des évangélistes. modifier L'Esprit Saint et le bouddhismeLa notion d'Esprit Saint est proche de celle d'esprit d'éveil dans le bouddhisme. En effet, tout comme le Saint-Esprit inspire les hommes, l'esprit d'éveil est lumineuse clarté. La réalisation de l'esprit d'éveil va de pair avec la réalisation de l'absence d'ego. Alors, ce n'est pas nous-mêmes qui parlons, mais l'esprit d'éveil. Tout comme le Saint-Esprit, l'esprit d'éveil nous montre la "vérité", c'est-à-dire la voie du salut. Mais contrairement au christianisme, l'éveil n'est pas une personne et n'est pas doué d'une volonté propre. modifier Chez les Témoins de JéhovahPour les Témoins de Jéhovah, l'esprit saint désigne la force agissante ou force active de Dieu. Ils soutiennent que la personnification de l'esprit saint dans quelques passages de la Bible ne signifie pas qu'il s'agisse d'une personne (ils rejettent la doctrine de la Trinité). Ils font remarquer que cela se produit également en rapport avec des termes tels que la sagesse (Proverbes 1:20-33 ; 8:1-36 ; Matthieu 11:19 ; Luc 7:35), le péché (Romains 5:14, 17, 21 ; 6:12 ; 7:8-11) et la mort, l'eau et le sang, de manière allégorique39. De plus, ils déclarent que l’esprit saint n’est pas identifié comme le serait une personne, car dans un grand nombre de cas, l’expression esprit saint est dépourvue d’article dans l’original grec (par exemple en Actes 6:3, 5 ; 7:55 ; 8:15, 17, 19 ; 9:17). Le fait que l'esprit saint soit mentionné de façon impersonnelle à de nombreuses reprises est selon eux employé pour affirmer qu'il ne peut pas s'agir d'une personne. Ils considèrent que les mots « dans le ciel : le Père, le Verbe et l’Esprit ; et ces trois sont un » qu’on trouve dans certaines versions anciennes en 1 Jean 5:7 constituent une addition apocryphe au texte original40, et ce passage ne figure pas dans leur version de la Bible, la Traduction du Monde Nouveau des Saintes Écritures. Les Témoins de Jéhovah estiment que le fait d'être baptisés au nom de l'esprit saint selon Matthieu 28:19 signifie reconnaître que cet esprit provient de Dieu et qu’il joue son rôle selon la volonté divine41. Sur ce point, ils adhèrent à l'enseignement d'A. Robertson42 selon qui l'« emploi du terme 'nom' (onoma) [en Matthieu 28:19], courant dans la Septante et dans les papyrus, désigne la force ou l’autorité ». Selon le mouvement religieux, l'esprit saint de Dieu a eu ou a différents rôles43 :
Les Témoins de Jéhovah considèrent l’esprit saint comme « le don gratuit » de Dieu qu’il accorde volontiers à qui le recherche et le demande sincèrement. Toutefois, il ne faut pas « attrister » selon Éphésiens 4:30 cet esprit en le repoussant44, par exemple en rejetant et en n’appliquant pas la Bible telle que le mouvement religieux la comprend. L’opposition délibérée et la rébellion (en particulier l'apostasie) équivalent à un blasphème contre l’esprit, qui constitue un « péché impardonnable » (Hébreux 10:26-31). modifier Dans l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers JoursPour les saints des derniers jours, le Saint-Esprit est le troisième membre de la Divinité (1 Jean 5:7 ; Doctrine et Alliances 20:28). C'est un personnage d'esprit, il n'a pas de corps de chair et d'os (D&A 130:22). Le Saint-Esprit est souvent appelé aussi Esprit ou Esprit de Dieu. Le Saint-Esprit accomplit plusieurs rôles d'importance capitale dans le plan de salut. (1) Il témoigne du Père et du Fils (1 Co 12:3 ; 3 Néphi 28:11 ; Éther 12:41). (2) Il révèle la vérité de toutes choses (Jean 14:26 ; 16:13 ; Moroni 10:5 ; D&A 39:6). (3) Il sanctifie ceux qui se sont repentis et se font baptiser (Jean 3:5 ; 3 Néphi 27:20 ; Moïse 6:64–68). (4) Il est le Saint-Esprit de promesse (D&A 76:50–53 ; 132:7, 18–19, 26). modifier Le don du Saint-EspritTout membre de l'Église, baptisé et digne, a le droit d'avoir l'influence constante du Saint-Esprit. Après son baptême, il reçoit le don du Saint-Esprit par l'imposition des mains de quelqu'un qui détient la prêtrise, autorité appropriée (Actes 8:12–25). Le fait de recevoir le don du Saint-Esprit est souvent qualifié de baptême de feu (Matthieu 3:11). Il est commandé aux hommes de se repentir, d'être baptisés et de recevoir le don du Saint-Esprit (Ac 2:38). Le Saint-Esprit se donne par l'imposition des mains (Ac 19:2–6). modifier Les dons de l'EspritBénédictions spirituelles particulières accordées par Dieu à des personnes dignes pour leur profit et pour qu'elles en usent pour le bien des autres. Les saints des derniers jours croient au don des langues, de prophétie, de révélation, de vision, de guérison, d'interprétation des langues, etc. (articles de foi) modifier Le blasphème contre le Saint-EspritJésus enseigna que tous les péchés pouvaient être pardonnés sauf le blasphème contre le Saint-Esprit (Mt 12:31–32 ; Mc 3:28–29 ; Lu 12:10 ; Hé 6:4–8 ; D&A 76:34–35). modifier Dans le RastafarismeComme mouvement qui s'est développé hors du christianisme, le mouvement rastafari a sa propre interprétation unique de la Sainte Trinité et de l'Esprit Saint. Bien qu'il y ait plusieurs légères variations, ils déclarent généralement que c'est Haile Selassie Ier qui incarne Dieu le Père et Dieu le Fils, tandis que l'Esprit Saint doit être trouvé chez des croyants rastafariens et dans chaque être humain. Rastas indiquent également que l'Église vraie est le corps humain, et que c'est cette Église (ou "structure") qui contient l'Esprit Saint. modifier Notes
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