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Le viaduc de Millau est un pont autoroutier à haubans franchissant la vallée du Tarn, dans le département de l'Aveyron, en France. Il assure la continuité des autoroutes A75 et A71 entre Paris et Béziers. Cet ouvrage, inauguré le 14 décembre 2004, détient quatre records du monde : la pile, la flèche et le tablier routier les plus hauts du monde et le tablier suspendu par haubanage le plus long. modifier Les records de l’ouvrageL’ouvrage détient quatre records du monde 1 :
modifier Une pièce maîtresse de l'autoroute A75modifier Les axes nord-sudEn 2007, il existe quatre itinéraires nord-sud pour traverser la France :
modifier L'autoroute A75Ce tronçon s'inscrit dans un schéma général visant à créer un quatrième axe autoroutier entre le nord et le sud de la France. Sa construction a commencé en 1975 et s'est achevée en 2004 avec la mise en service du viaduc de Millau Cette nouvelle autoroute A75, en complément de l'A71 d'Orléans à Clermont-Ferrand, ouvre une quatrième voie à travers la France et a plusieurs caractéristiques :
modifier Une solution au franchissement du Tarn à Millau
Vue depuis la route de Brunas Creissels
Le Tarn est une rivière qui coule d'est en ouest, au sud du Massif central, coupant donc l'axe nord-sud. Pendant près de trois ans, l'autoroute A7X est restée inachevée aux abords de Millau. Avant le viaduc, ce franchissement se faisait par un pont situé en fond de vallée, dans la ville de Millau. Millau était alors un très gros point noir routier, connu et redouté. Des kilomètres d'embouteillages et des heures d'attente pour traverser la ville se reproduisaient chaque année au moment des grands flux estivaux. Ces ralentissements faisaient perdre tous les avantages de l'A75, dite autoroute d'aménagement du territoire et entièrement gratuite sur 340 kilomètres. Tout le trafic drainé par l'autoroute apportait pollution et danger à la ville de Millau. La mise en place du viaduc a été longue. Dans cette région, les conditions climatiques sont dures, avec des vents violents, et les caractéristiques géologiques très particulières du hauts-plateaux du Larzac et de la vallée du Tarn très encaissée sont difficiles. Les différents projets de franchissement étaient techniquement très ardus. Il aura fallu dix ans d'étude et quatre ans de réalisation pour achever le franchissement autoroutier du Tarn par le viaduc de Millau, en dehors de la ville. modifier L'ouvrageLe viaduc est un pont à haubans de 2 460 m de longueur. Il traverse la vallée du Tarn à près de 270 m de hauteur. Son tablier de 32 m de large accueille une autoroute de 2 fois 2 voies et deux voies de secours. Il est maintenu par 7 piles prolongées chacune par un pylône de 87 m auquel sont arrimées 11 paires de haubans. Le pont a un rayon de courbure de 20 km, ce qui permet aux véhicules d'avoir une trajectoire plus précise qu'en ligne droite. Des structures de béton assurent l’ancrage du tablier à la terre ferme sur le Causse du Larzac et le Causse rouge, ce sont les culées. modifier Quatorze années d'étudesmodifier Chronologie
modifier Études préliminairesmodifier Choix entre quatre optionsLors du choix du tracé de l'A75, il est décidé que celle-ci passerait par Millau. Au début des études, quatre options sont envisagées :
Cette dernière option dite « médiane » est choisie par décision ministérielle le 28 juin 1989. modifier Choix du tracé définitifUne fois le choix du tracé effectué, deux familles de solutions sont comparées par les services du ministère de l’Équipement :
Après de longues études et des consultations locales, la famille « basse » est abandonnée, notamment parce que le tunnel aurait traversé une nappe phréatique, et à cause de son coût, de l'impact sur l'urbanisation et de l'allongement de trajet qu'elle implique. Moins longue, moins chère et offrant de meilleures conditions de sécurité pour les usagers, la famille « haute » apparaît la plus intéressante. Le choix d’une solution « haute » est arrêté par décision ministérielle le 29 octobre 1991. Ce choix nécessite la construction d’un viaduc d’une longueur de 2 500 m. De toute évidence, ce sera le grand ouvrage de l’A75. De 1991 à 1993, la division ouvrages d’art du Sétra, dirigée par Michel Virlogeux, réalise des études préliminaires et vérifie la faisabilité d’un ouvrage unique franchissant la vallée. Compte tenu des enjeux techniques, architecturaux et financiers, la direction des routes met alors en compétition des bureaux d’études et des architectes afin d’élargir la recherche des solutions possibles. En juillet 1993, 17 bureaux d’études et 38 architectes se portent candidats pour la réalisation des premières études. Avec l’aide d’une commission pluridisciplinaire, la direction des routes sélectionne 8 bureaux d’études pour les études techniques et 7 architectes pour les études architecturales. modifier Choix de la solution techniqueParallèlement, un collège d’experts internationaux représentant un large spectre de compétences (techniques, architecturales et paysagères), présidé par Jean-François Coste, est mis en place pour éclairer les choix à effectuer. En février 1994, sur la base des propositions des architectes et des bureaux d’études et avec l’appui du collège d’experts, 5 familles de solution sont identifiées. La compétition est relancée : 5 couples architecte-bureaux d’études, constitués des meilleurs candidats de la première phase, sont formés et chacun d’eux approfondit l’étude d’une famille de solutions. Le 15 juillet 1996, Bernard Pons, ministre de l’Équipement, entérine la proposition du jury constitué d’élus, d’hommes de l’art et d’experts et présidé par le directeur des routes, à l’époque Christian Leyrit. La solution du viaduc multihaubané présentée par le groupement de bureaux d’études Sogelerg, Europe Etudes Gecti et Serf et le cabinet d’architectes Norman Foster & Partners est retenue. Les études de détail sont menées par le groupement lauréat sous le pilotage de la direction des routes jusqu’au milieu de 1998. Après des essais en soufflerie, la forme du tablier est remaniée et le dessin des piles fait l’objet de minutieuses mises au point. Les études de détail ayant été menées à leur terme, les caractéristiques définitives de l’ouvrage sont approuvées à la fin de l’année 1998. À la suite de la décision du ministre de l’Équipement de concéder la réalisation et l’exploitation du viaduc, un appel d’offres international est lancé en 1999. Quatre consortiums étaient en compétition pour la concession :
La Compagnie Eiffage du viaduc de Millau est finalement choisie au terme de cette procédure. Le fait que les services de l’administration aient mené les études de détail de l’ouvrage à un stade très avancé a permis de réduire les incertitudes techniques. Cette façon de procéder a présenté le double avantage de faciliter la négociation du contrat de concession, de diminuer son coût pour la collectivité et d’accélérer la réalisation de l’ouvrage en minimisant les études restant à la charge du concessionnaire. modifier OppositionPlusieurs associations s'étaient manifestées contre le projet comme la WWF, France Nature Environnement, la Fédération nationale des usagers de l'autoroute (FNAUT) ou encore Agir pour l'environnement. Les opposants ont avancé différents arguments :
modifier La convention de concessionmodifier La réforme 2001 du financement des autoroutesSur la base de la loi du 18 avril 1955 portant statut des autoroutes, l'Etat a pu concéder la construction et l'exploitation de sections d'autoroutes à des sociétés dans lesquelles les intérêts publics étaient majoritaires. Mais du fait de l’évolution de l’environnement international avec en particulier un nécessaire recours à une plus large concurrence défini dans la directive européenne 93/37/CCE du Conseil du 14 juin 1993, dite « Directive Travaux », portant coordination des procédures de passation des marchés publics de travaux, il était nécessaire de faire évoluer ce système 4. Ce fut chose faite avec l'ordonnance n° 2000-273 du 28 mars 2001 ratifiée par la loi n° 2001-1011 du 5 novembre 2001. Cette loi permet une large concurrence et l'entrée de nouveaux opérateurs et met fin au système de l'adossement. Ce système, qui consistait à financer partiellement de nouvelles sections d'autoroutes grâce au péage perçu sur les sections en service d'un même concessionnaire auquel on accordait un prolongement de son contrat, n'était en effet pas formellement compatible avec une concurrence équitable entre candidats pour l'attribution d'une nouvelle concession, car il était susceptible d'avantager les sociétés disposant déjà d'un réseau concédé au détriment de nouveaux opérateurs. Désormais, les apports publics éventuellement nécessaires à l'équilibre financier des futures concessions d'autoroutes seront effectués sous forme de subventions, et les nouvelles sections feront l'objet d'un contrat spécifique. Cette façon de procéder permettra de mieux comparer les offres des différents candidats. modifier Une application de la loi de 2001 : la concession du viaduc de MillauLe viaduc de Millau est ainsi le deuxième aménagement autoroutier à entrer dans le cadre de la réforme de 2001. Il est financé par des fonds privés dans le cadre d'un contrat de concession : l'ouvrage est la propriété de l'État français, les dépenses pour la réalisation et l'exploitation de l'ouvrage sont à la charge du concessionnaire, les revenus du péage sont attribués au concessionnaire. Le coût de réalisation de l'ensemble des travaux est évalué à près de 400 millions d'Euros 5. On notera le fait qu’aucune subvention publique n’a été nécessaire pour l’équilibre, tout en soulignant que n’est pas en compte dans l’équilibre l’ensemble des travaux réalisés par l’Etat pour aménager les abords. Ce n’est pas le cas des deux autres contrats de concession attribués depuis l’ordonnance de mars 2001 :
modifier Un concessionnaire : la Compagnie EIFFAGE du viaduc de MillauLa convention de concession entre l'Etat et la Compagnie EIFFAGE du viaduc de Millau, filiale du groupe EIFFAGE, pour le financement, la conception, la construction, l'exploitation et l'entretien du viaduc de Millau est signée le 27 septembre 2001 par M.Jean-Claude Gayssot, ministre de l'équipement, des transports et du logement pour l'Etat et par M. Jean-François Roverato, président-directeur général la Compagnie EIFFAGE du viaduc de Millau. Cette convention est approuvée par décret no 2001-923 du 8 octobre 2001 du Premier ministre Lionel Jospin. Le siège social de Compagnie EIFFAGE du viaduc de Millau (CEVM) se trouve en plein centre de Millau. Le centre d'exploitation commerciale et technique ainsi que la barrière de péage ont été installés près du village de Saint-Germain au nord-est de Millau. Une cinquantaine de personnes assurent en permanence l’accueil, la sécurité et l'entretien en tant que péagers, hôtes et hôtesses, patrouilleurs ou techniciens de maintenance. modifier Durée de la concession : 75 ansLa durée de la concession, de 75 ans, est exceptionnellement longue en comparaison des concessions autoroutières habituelles, en raison du nécessaire équilibre de l'opération. Cependant, l’Etat peut racheter la concession à partir du 1er janvier 2045. Ce rachat donne alors lieu au versement d’une indemnité au concessionnaire dont les modalités de calcul sont définies dans la concession. Le concédant peut également mettre fin à la concession dès lors que « le cumul des chiffres d'affaires réels (valeur novembre 2000) actualisés à fin 2000 au taux de 8 % sera égal ou supérieur à trois cent soixante-quinze millions d'euros ». La concession prend alors fin sans versement d’indemnité. modifier PéageLes tarifs de péage perçus par le concessionnaire sont fixés chaque année par celui-ci, conformément à la réglementation en vigueur, dans le cadre de plans quinquennaux approuvés par les deux signataires de la convention. Pour l'année 2008, les droits de passage sur le viaduc sont, depuis le 01 février 2008, les suivants :
modifier Trente-huit mois de constructionmodifier Chronologie
modifier Les acteursL'architecte du viaduc est le britannique Sir Norman Foster. Le consortium de construction du pont comprend la société Eiffage TP pour la partie béton, la société Eiffel pour le tablier métallique (lointain clin d'œil de l'histoire au viaduc de Garabit, pont ferroviaire en acier construit en 1884 par Gustave Eiffel dans le Cantal voisin), la société Enerpac pour le poussage hydraulique du tablier, la société Appia pour l'emploi du revêtement bitumeux sur le tablier et la société Forclum pour les installations électriques. C'est en fait tous les métiers du groupe Eiffage qui ont participé au chantier. (On remarquera par ailleurs que l'exploitation est assurée par Eiffage Concessions) Il est à noter que la technique du tablier en acier et le poussage hydraulique du tablier (solution lauréate issue du Concours : « Mise au point et étude complète de la solution métallique lancée ») ont été conçus par le bureau d'ingénieurs liégeois Greisch (BEG) dont les études d'exécution comprenaient : calculs généraux et calculs de résistance aux vents de 225 km/h, calculs des phases de lançage, dimensionnement et calcul du tablier, des pylônes et du haubanage, dimensionnement des équipements, conception des méthodes d'exécution et des ouvrages provisoires. Enfin, en suivant une procédure déjà appliquée pour de multiples ponts et viaducs haubanés par ses ingénieurs, Greisch assura sur place une assistance aux opérations de lançage, de montage et de mise en œuvre des haubans sous le contrôle en temps réel du centre de calcul de l'Université de Liège en Belgique. La maîtrise-d'œuvre a été confiée à la SETEC, branche Travaux publics et industriels, et en partie à l'ingénierie SNCF. modifier Les piles et les culéesChaque pile1 prend appui sur quatre puits marocains qui se terminent en pied d'éléphant d'une profondeur de 18 m pour les trois premières piles à 9 m pour les autres et de 6,50 à 5 m de diamètre.
modifier Janvier 2002 –mars 2002 : Les fondationsLes travaux de creusement des puits de fondation sur lesquels reposeront les sept piles du viaduc commencent. Après ferraillage, les puits sont bétonnés et une semelle de 3 à 5 mètres est coulée pour les sept piles. Chaque opération nécessite le coulage en une seule fois de 2 000 mètres cubes de béton sur une trentaine d’heures. D’une surface de 200 mètres carrés à la base, équivalente la surface d’un terrain de tennis, les piles se termineront à leur sommet avec une surface de seulement 30 m2. modifier Mars à novembre 2002 : construction des culées.De mars à juin 2002 : construction de la culée C8, côté plateau du Larzac au Sud. C’est à partir de cette culée que sera lancée plus tard le tablier construit au fur et à mesure derrière. De juin à novembre 2002 : construction de la culée C0. modifier Avril 2002 à décembre 2003 : construction des piles.Chaque pile fait l’objet d’un chantier spécifique, avec ses propres équipes et son chef de pile. Au début de l’été 2002, six fûts de piles ont déjà commencé et 23 000 m3 ont déjà été coulés. L’avancement se fait à raison de 25 mètres cubes à l’heure. Chaque « levée » de béton, correspondant à une élévation de 4 mètres de la pile, réclame 200 m3 et est programmée tous les trois jours, car il faut compter deux jours et demi de mise au point. Le coulage commence en milieu d’après-midi pour se terminer vers deux heures du matin. En hiver 2002, on compte près de 500 personnes sur le chantier. La verticalité des piles est assurée grâce à des guidages laser et GPS. Les fûts sont dédoublés sur les 90 derniers mètres de leur hauteur, afin de renforcer la résistance de l’ouvrage. Le 21 février 2003, la P2 dépassait 141 mètres et faisait tomber le record de France détenu par les viaducs de Tulle et de Verrières. Le 13 juin, c’est le record du monde des 181 mètres de Kochertal (Allemagne) qui est pulvérisé. Le 20 octobre 2003, elle culmine à 245 mètres. Le jeudi 20 novembre 2003, les sept piles sont achevées. À cette occasion, un tube de cuivre a été glissé dans les dernières strates de béton de la pile P3. Il contient les noms des 537 personnes qui ont travaillé à l’érection des piles et une pièce commémorative de 1,5 euros édité lors du lancement de la monnaie européenne, avec un beffroi côté face et un viaduc côté …pile. Le 9 décembre est organisé un grand feu d’artifice. modifier Le tablierLe tablier6,7 est constitué de 173 caissons dont le poids total dépasse les 36 000 tonnes soit environ quatre fois celui de la tour Eiffel. ils ont été fabriqués par la société Eiffel dans son usine de Fos-sur-mer pour les caissons centraux et de celle de Lauterbourg, en Alsace, pour les caissons latéraux. À ces caissons ont été soudés les platelages latéraux ainsi que les caissons de rive. La longueur totale du tablier est de 2400 m. L’assemblage des caissons a été effectué sur des chantiers in situ à chaque extrémité de l’ouvrage. Ceci a permis d’éviter d’effectuer ces tâches en grande hauteur. Celui-ci a duré 20 mois de travail et mobilisé 150 personnes. 8 C’est par lançage que les éléments de tablier ont été mis en place. Chaque élément de la longueur d’une demi-travée, soit 171 m, a été poussé dans le vide grâce à des translateurs puis liaisonné avec celui déjà en place. Il y avait 2 translateurs sur les palées provisoires à l'extrémité du viaduc, 4 sur les autres palées povisoires, 4 translateurs par piles béton et 6 translateurs sur la route de chaque coté du viaduc soit un total de 64 translateurs. Ils étaient séparés de 4 mètres en latéral et de 21 mètres en longitudinal. Les translateurs étaient couplés par deux et étaient posés sur 8 vérins simple effet qui servaient à guider le tablier. Sur chaque translateur, il y avait 1 vérin de levage de 250 t. de poussée et 2 vérins d'avancement de 60 t. de poussée chacun. Chaque translateur mesure 7 m de long, 1 m de haut et pése 14 tonnes et fonctionnait à 700 bars de pression. Vitesse d'avancement de 60 cm en 4 minutes, de 9 m. en 1 heure et de 171 m en 2 jours. Chaque poussée etait guidée par GPS et Guidée laser. La dilatation du tablier peut atteindre 1 m aux extrémités du viaduc, et il a fallu prévoir des joints pour la compenser. Ainsi, le tablier surplombe la vallée du Tarn à 270 m au point le plus haut et relie le causse du Larzac au causse rouge. Il présente une légère pente de 3,025% correspondant à un dénivelé de 74 mètres entre le Nord et le Sud ; destinée à rassurer l'usager par une meilleure visibilité ainsi qu'un rayon à plat de 20 km pour créer l'illusion que le viaduc ne s'arrête jamais. modifier L'enrobéLa pose de l'enrobé spécial qui a nécessité deux ans d'études pour sa mise au point a été précédée par plusieurs opérations de préparation du support. Dès le mois de janvier 2003, les premiers essais techniques ont commencé. Chaque prototype était soumis à une batterie de tests. Insérés dans une machine spécialement conçue pour l'occasion, les différents échantillons du complexe platelage-étanchéité-enrobé ont subi des charges verticales simulant le trafic routier. Deux millions de passages au rythme infernal de quatre cycles par seconde à la température de +10 °C. Une semaine de test ininterrompue réalisée dans des conditions parfaitement contrôlées pour respecter les règles d'agrément fixées par le Setra pour ce type de matériau. Pendant le printemps 2004, un test a eu lieu à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) sur un caisson témoin. Fin juillet, un essai grandeur nature de pose d'enrobé a été réalisé sur le tablier lui-même modifier Les pylônesLes 7 pylônes, hauts de 88,92 m et pesant environ 700 tonnes, prennent appui sur les piles. Chacun d'entre eux permet l'ancrage de 11 paires de haubans qui assurent ainsi le soutien du tablier. Le pylône de la pile P2 culmine à 343 m au-dessus du sol.8 La mise en place s'est faite en deux temps : l'élévation d'un pylône sur le premier élément de tablier lancé puis le levage des autres après finition du tablier. Ainsi sur le premier élément de tablier lancé était déjà fixé un pylône arrimé par cinq haubans d’un côté et six de l’autre. Au fur et à mesure du poussage du tablier, le premier élément avançait donc avec son pylone fixé. Dix-huit opérations de lançage ont été nécessaires pour joindre les deux parties du viaduc. Ce n’est qu’après la jonction au-dessus du Tarn, fin mai 2004, que les autres pylones ont été amenés à demeure par des chariots automoteurs puis élevés. Pour plus de détails voir cette animation sur le montage des piles et pylônes du viaduc de Millau modifier Les haubansChaque pylône est arrimé par 11 paires de haubans disposés en vis-à-vis, composés, selon leur longueur, de 55 à 91 câbles d'acier, ou torons et tendus à 900t. Il y a eu une 8.1ere tension lorsque le tablier a été fini de pousser et une 2éme tension lorsque le bitume a été fini d'être posé. modifier La barrière de péageC'est à 4 kilomètres au nord du viaduc, près du village de Saint-Germain, que se situe l'unique barrière de péage de l'A75 et les bâtiments réservés à l’équipe d’exploitation commerciale et technique. Ces installations sont situées sur la commune de Millau. La barrière de péage comporte 16 voies (8 dans chaque sens). En cas de faible affluence, la cabine centrale a été aménagée pour gérer le passage des véhicules dans les deux directions. Un parking équipé de toilettes est disponible de part et d’autre de la barrière. Son coût total est de 20 M€. modifier Extension de la barrière de péageAvec une estimation en hausse du trafic sur le viaduc, des travaux ont été entrepris entre le 31 janvier et la fin juin 2006 pour ajouter à la barrière de péage 4 nouvelles voies (deux de chaque côté) pour éviter les bouchons produits par le grand chassé-croisé des vacanciers pendant le mois d'août 2005. Deux bornes automatiques PL ont été rajoutées, elles sont équipées du télépéage PL et permettent de fonctionner avec 10 voies automatiques contre 8 avant travaux. Cela permet de traiter entre 4500 v/j les jours les plus faibles et 50 000 v/j les jours de pointes. Le coût d'investissement est de 4,2 millions d’euros. modifier Aire de repos de BrocuéjoulsVendredi 30 juin 2006, Chantal Jourdan, préfète de l'Aveyron, a inauguré l'aire de repos de Brocuejouls, à l'issue de 7 mois de travaux 9. Le coût de ces travaux est évalué à 5,8 millions d'euros :
La ferme de Brocuéjouls et ses abords immédiats pourront accueillir des actions d'animation et de promotion touristique. modifier Équipementsmodifier L'installation électriqueLes installations électriques du viaduc sont assez importantes et proportionnelles à l'immense ouvrage. Ainsi, le pont possède 30 km de câbles à courant fort, 20 km de fibres optiques, 10 km de câbles à courant faible et 357 prises téléphoniques pour permettre aux équipes d'entretien de communiquer entre elles et avec le poste de commandement, où qu'elles se trouvent dans le tablier, les piles et les pylônes. Du côté de l'instrumentation, le viaduc n'est pas en reste. De plus, deux capteurs piézoélectriques séparés par une boucle de comptage recueillent de multiples données concernant le trafic : poids des véhicules, vitesse moyenne, densité du flux de circulation, etc. Ce système est capable de distinguer 14 types de véhicules différents. modifier Détection d'incidentsSur le plan de la sécurité, un système de détection automatique d’incident (DAI) permet aux opérateurs d’être alertés sur toute anomalie, comme un véhicule qui s’immobiliserait sur l’ouvrage ou la présence de tout objet suspect sur la chaussée. En cas d'accident majeur, un plan de secours spécialisé dédié à l’ouvrage a été élaboré par la préfecture de l’Aveyron. Il prévoit les moyens d’intervention sur l’ouvrage et leur organisation. modifier TraficLe dimensionnement de la barrière de péage a été fait pour pouvoir assimiler un flot de 30 000 véhicules par jour sans ralentissement. Des études préalables ont estimé un trafic moyen sur l'année de 10 000 véhicules par jour dès l'ouverture et de 20 000 véhicules par jour en 2010[réf. nécessaire]. En 2005 et 2006, environ 4 300 000 véhicules ont franchi le viaduc, soit en moyenne un peu moins de 12 000 véhicules par jour. Suite au pic de traffic de 50 018 véhicules du 31 juillet 2005 ayant généré plus de 12 km d'embouteillages, la Compagnie Eiffage a construit 4 voies de péages supplémentaires portant le nombre de 14 à 18. Ces gares nouvelles ont été mises en service en juin 200610,11. En 2007, 4 532 485 véhicules ont franchi le viaduc 12, soit une moyenne de 12 418 véhicules par jour, en hausse de 4,2 % par rapport à l'année précédente. La pointe s’est produite 18 août 2007 avec 54 281 véhicules, constituant l'actuel[Quand ?] record de trafic journalier sur le viaduc. modifier Impacts collatéraux à celui sur le trafic routiermodifier Sur l'environnementLe viaduc passe entièrement au-dessus de la vallée du Tarn du Causse rouge au Causse du Larzac. Il traverse la route départementale 992 Albi-Millau, le Tarn, la voie ferrée de la ligne des Causses et la route départementale 41 Millau-Peyre. Le tracé respecte les sites naturels majeurs, paysages exceptionnels situés au confluent des vallées de la Dourbie et du Tarn, tout en assurant une desserte facile de l’agglomération de Millau. Le passage en viaduc a incontestablement minimisé la contribution de l'ouvrage à la fragmentation écopaysagère de la vallée, mais le jour seulement. Astronomes et écologues regrettent l'absence de prise en compte de l'environnement nocturne et une contribution importante à la pollution lumineuse par le procédé et le parti d'éclairage retenus, et moindrement et potentiellement par le bruit. Au-delà du souci esthétique et de bonne intégration dans le paysage diurne, les solutions techniques retenues (tablier métallique fin et piles en béton) ont permis d'alléger les structures porteuses et donc les impacts indirects liés au chantier et à la consommation de ressources en amont. De même, conformément aux préconisations de l'Étude d'impact sur l'environnement, tout au long de la construction, des dispositions ont été prises afin de minimiser l'impact sur les localités voisines et le milieu ambiant. Ainsi, une réduction des travaux sur site (préfabrication en usine d’éléments du tablier) a permis une diminution des volumes de matériaux à mettre en œuvre sur place par rapport à une solution tout béton. Moins d’engins, moins de camions, moins d’agrégats à transporter ont réduit les nuisances pour les populations concernées par le trafic propre au chantier. Des dispositifs ont également été prévus pour retraiter les eaux utilisées par le chantier afin d’éviter une pollution du sol. La gestion des déchets du chantier a été aussi une autre composante du plan d’assurance qualité accompagnant toute la phase de construction. Le même souci perdure après la mise en service de l’ouvrage, puisque sont intégrés dans la structure plusieurs moyens permanents de récupération et de traitement des eaux pluviales et des résidus de nettoyage des voiries. Le viaduc traverse le parc naturel régional des Grands Causses. modifier Sur le tourisme localLe viaduc de Millau est considéré comme une œuvre d'art de par son intégration dans le paysage des Grands Causses, goélette blanche à sept mâts voguant, immobile, dans le ciel du sud de l'Aveyron (en particulier lorsque les nuages envahissent la vallée). Il connaît un très franc succès : lors de sa seule construction, plus de 500 000 personnes se sont déplacées pour l'admirer. Aujourd'hui, l'affluence record aux points de vue panoramiques sur le pont, comme celui de la descente de la RN9 sur Millau ou encore celui de l'aire de Brocuéjouls qui a été aménagée en aire de repos pour l'A75, est notable. Les produits dérivés ont rapidement fleuri dans les commerces du centre de la ville et même dans tout l'Aveyron et les départements voisins du Cantal, de la Lozère et de l'Hérault. Le viaduc a également une forte influence sur la fréquentation des sites qui lui sont proches. Par exemple, les caves de Roquefort et le site de Micropolis à Saint-Léons ont vu le nombre de leurs visiteurs croître rapidement après sa mise en service. De même, la restauration et l'hôtellerie millavoises ont vu leur chiffre d'affaire augmenter grâce à « l'effet viaduc », malgré leurs craintes d'origine (désertification du centre-ville…). Ainsi le viaduc de Millau connaît déjà une renommée internationale et est considéré par certains comme « la référence architecturale du début du XXIe siècle ». Un projet est envisagé pour accentuer l'aspect touristique du viaduc. Il consisterait à utiliser le fait que les piles sont creuses pour y aménager des ascenseurs et des hublots. Ce projet est estimé à 26 millions d'euros avec la mise au gabarit routier de l'accès au chantier. modifier Sur le tissu économique local« L'effet viaduc » a permis au maire de Millau de signer plus de 100 permis de construire en 18 mois dont l'implantation de 3 hôtels, de commerces et d'industries. Millau est en train de vivre un boom économique depuis l'ouverture du viaduc. Les deux zones d'activités à la Cavalerie au Sud, et à Sévérac-le-Château, au Nord, ont connu une forte expansion en accueillant des entreprises locales et extérieures.
Le viaduc de Millau et la ville de Millau à droite
modifier Manifestations et événementsmodifier Manifestations sportivesFait exceptionnel puisque le pont est interdit aux piétons, une course à pied a déjà eu lieu en 2004 et une autre s'est tenue le 13 mai 2007.
Cette manifestation ne sera pas renouvelée.
modifier Visiteurs célèbresLors de la construction, de nombreuses personnalités de tous les milieux s'étaient empressées de visiter le pont 14. Parmi celles-ci :
modifier Anecdotes
modifier Bibliographie
modifier Notes et références
modifier Liens externes | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||